Le débat sur la révision de la Constitution en République Démocratique du Congo s’intensifie au sein de la classe politique. Pour Gerda Tshimbombo Mukuna, cadre du parti Congo Espoir et présidente de la Fondation Gerda, cette réflexion s’impose aujourd’hui comme une nécessité pour adapter la gouvernance aux réalités du pays.
Originaire du territoire de Miabi, dans le Kasaï-Oriental, cette actrice politique engagée plaide pour une lecture dépassionnée et pragmatique de la question constitutionnelle.
Pour Gerda Tshimbombo Mukuna, le débat ne doit pas être « caricaturé ». Elle rappelle que la RDC de 2026 n’est plus celle de 2006, année d’adoption de l’actuelle Constitution.
« Le pays a profondément évolué sur les plans démographique, économique, sécuritaire et institutionnel », souligne-t-elle.
Dans ce contexte, adapter la loi fondamentale ne constitue pas une remise en cause de la démocratie, mais plutôt une manière de la faire évoluer.
Selon elle, une partie de la classe politique, notamment la majorité au pouvoir, estime qu’il est nécessaire de corriger certaines limites structurelles qui freinent l’efficacité de l’État et ralentissent la mise en œuvre des réformes. Au-delà des intérêts politiques, il s’agit d’un enjeu de gouvernance. Face aux critiques qui réduisent cette initiative à des calculs politiques, elle appelle à plus de nuance .
« Réduire ce débat à une simple question d’intérêts politiques serait une lecture simpliste », affirme-t-elle.
Elle reconnaît que toute réforme comporte une dimension stratégique, mais insiste sur les défis réels auxquels le pays est confronté : lenteur dans la prise de décision, chevauchement des compétences, instabilité institutionnelle et difficulté à exécuter efficacement les politiques publiques.
Pour elle, la véritable interrogation est claire : le système actuel permet-il de produire des résultats concrets pour la population ? Si la réponse est partiellement négative, alors une évolution constitutionnelle devient légitime.
Des limites structurelles à corriger
Parmi les principales faiblesses de la Constitution actuelle, Gerda Tshimbombo Mukuna évoque :
un exécutif parfois fragilisé,
des conflits de compétences entre institutions,
une décentralisation mal maîtrisée, avec des provinces souvent sous-dotées,
une lourdeur administrative freinant l’action publique,
et une difficulté à adapter les institutions aux enjeux modernes.
« Il s’agit d’une Constitution pensée pour stabiliser un pays post-conflit, mais qui peut aujourd’hui limiter sa capacité d’accélération », résume-t-elle.
Elle plaide ainsi pour un processus fondé sur la transparence, la consultation nationale et le respect strict des principes démocratiques.
Réformer pour préparer l’avenir.
En conclusion, Gerda Tshimbombo Mukuna assume clairement sa position en faveur d’une révision constitutionnelle réfléchie.
« Une grande nation n’a pas peur de réformer ses fondations lorsqu’elles ne sont plus adaptées à ses ambitions », déclare-t-elle.
À ses yeux, la RDC se trouve à un tournant décisif : le véritable risque ne serait pas d’ouvrir le débat, mais de rester figée face aux évolutions du monde.
« Le courage politique, c’est aussi savoir préparer l’avenir, pas seulement préserver l’existant », conclut-elle.
Gédéon Kabamba Miteo








