Publicité
AccueilA la UneCrise à l'Assemblée provinciale du Kasaï -Central : La cour d'appel tranche...

Crise à l’Assemblée provinciale du Kasaï -Central : La cour d’appel tranche ce 5 août

L’ Assemblée provinciale du Kasaï-Central reste plongée dans une crise institutionnelle majeure depuis la session de mars 2025, marquée par la déchéance controversée du bureau dirigé par Daniel Lukusa.
Dans un climat de fortes tensions politiques, la Cour d’appel de Kananga, section administrative, s’apprête à rendre un arrêt décisif le 5 août prochain, susceptible de clarifier ou d’exacerber la situation.

La crise actuelle trouve son origine dans une plénière tenue le 10 juin 2025, présidée par un bureau d’âge, qui a voté la déchéance du bureau Lukusa, accusé de mauvaise gestion et de manquements procéduraux.

Cependant, cette décision a immédiatement été contestée par le camp Lukusa, qui dénonce une séance irrégulière, entachée de violations du règlement intérieur.

Soutenu par 18 députés sur 34, Daniel Lukusa a saisi la justice pour faire annuler cette résolution, arguant que  » la procédure de destitution n’a pas respecté les dispositions légales ».

En réponse, les partisans de la déchéance estiment que le bureau Lukusa a outrepassé ses prérogatives, justifiant ainsi son éviction.

Premier round devant la justice entre ces deux parties

Le 28 juillet, une audience publique a opposé les deux parties devant la Cour d’appel de Kananga. Les avocats du président déchu ont plaidé l’illégitimité de la séance du 10 juin, soulignant l’absence de quorum valable et des irrégularités dans la convocation. À l’inverse, les représentants du bureau d’âge ont défendu la légalité de la procédure, assurant que la destitution répondait à une nécessité institutionnelle.

À l’issue des plaidoiries, la Cour a mis l’affaire en délibéré, annonçant un arrêt pour le 5 août. En attendant cette décision, toute initiative politique visant à recomposer le bureau provincial a été suspendue.

Dans ce climat d’incertitude, une plénière convoquée par les partisans de Lukusa pour combler les postes vacants a été reportée dans les calendes grecques.

Jean Mazala Muamba, rapporteur adjoint, a justifié cette décision par le respect du processus judiciaire en cours.

« Nous devons attendre la décision de la Cour. Toute action précipitée risquerait de compliquer davantage la situation », a-t-il déclaré.

Deux scénarios possibles après l’arrêt du 5 août

À ce stade, deux issues se profilent clairement :

La première pourrait être l’Annulation de la résolution du 10 juin. Si la Cour donne raison au camp Lukusa en jugeant son recours recevable, la déchéance sera annulée. Le bureau Lukusa retrouverait alors ses fonctions, et une nouvelle plénière, conforme aux règles, devra être organisée pour statuer sur son maintien ou son remplacement.

La deuxième serait la Validation de la destitution et poursuite du processus de reconstitution. Si, au contraire, la Cour rejette le recours, le bureau d’âge sera habilité à poursuivre la reconstitution du bureau définitif, conformément au calendrier prévu. Cela ouvrirait la voie à l’élection d’une nouvelle équipe dirigeante, sous l’égide des députés ayant voté la destitution.

Cette crise dépasse le simple cadre procédural : elle reflète des luttes d’influence au sein de l’Assemblée provinciale, avec des répercussions sur la gouvernance locale et la stabilité politique du Kasaï-Central. Pour le camp Lukusa, il s’agit de préserver sa légitimité et d’éviter un précédent fragilisant les futurs bureaux. Pour ses opposants, la destitution était nécessaire pour rétablir un fonctionnement transparent de l’institution.

Dieudonné Tshimanga Ntumba depuis Kananga

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments