Les autorités sanitaires congolaises ont réaffirmé leur vigilance face à trois principales menaces de santé publique, à savoir, la maladie à virus Ebola, le choléra et la rougeole.
Ces priorités ont été examinées lors de la réunion de coordination stratégique tenue lundi 17 août à Kinshasa sous la conduite du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, avec la participation du Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi.
La situation de l’épidémie de maladie à virus Ebola demeure préoccupante, avec 4 479 cas notifiés de manière cumulative et un taux de létalité estimé à 47 %. Le suivi des contacts a atteint actuellement 85 %, tandis que 55 zones de santé réparties dans six provinces ont été touchées depuis le début de l’épidémie.
Les autorités sanitaires ont toutefois relevé des signes encourageants dans l’une des provinces affectées, où aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis plus de 42 jours.
En Ituri, principal foyer de l’épidémie, une campagne d’administration massive d’antipaludéens est prévue dans quatre zones considérées comme des points chauds : Bunia, Rwampara, Nyankunde et Mongbwalu.
Cette stratégie vise à réduire le poids du paludisme afin de faciliter la prise en charge des autres urgences sanitaires.
La réunion a également mis l’accent sur le renforcement des indicateurs de surveillance, de prévention et contrôle des infections (PCI), de notification des cas et des capacités opérationnelles. Les indicateurs liés à l’engagement communautaire seront désormais évalués chaque semaine.
Dans la province de la Tshopo, 2 000 doses du vaccin Ervebo sont déjà disponibles en vue du lancement des activités vaccinales. Une demande supplémentaire de 500 000 doses a également été introduite afin de soutenir les opérations de riposte.
Les responsables sanitaires ont par ailleurs salué les résultats obtenus grâce à l’utilisation d’anticorps monoclonaux et d’antiviraux, notamment le remdésivir, dans la prise en charge des patients.
À Maluku, aux portes de Kinshasa, les capacités des équipes ont été renforcées en matière de surveillance épidémiologique, de détection biologique, d’isolement rapide des cas et de communication aux points de contrôle afin de prévenir toute propagation vers la capitale.
Concernant le choléra, les données présentées indiquent une tendance à la baisse par rapport à la même période de l’année précédente. Environ 1 200 cas ont été enregistrés en 2026, contre près de 1 800 en 2025.
Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu demeurent les provinces les plus touchées, tandis que les campagnes de vaccination et les autres interventions de lutte se poursuivent sur le terrain.
La lutte contre la rougeole reste également une priorité. Des équipes d’intervention sont actuellement déployées dans quatre provinces afin de briser les chaînes de transmission, alors qu’une diminution progressive des cas est observée.
Les autorités sanitaires poursuivent la vaccination bi-antigène contre la rougeole et la rubéole, notamment au Kasaï-Central et au Nord-Kivu. Dans les six provinces déjà couvertes, les taux de couverture vaccinale oscillent entre 80 % et 100 %, des résultats jugés encourageants.
Face à ces trois menaces sanitaires, les autorités ont insisté sur l’importance d’une coordination stratégique renforcée pour améliorer la surveillance, orienter les interventions et garantir une réponse efficace et concertée sur l’ensemble du territoire national.









