Lors d’une matinée scientifique organisée à l’Université Saint-Augustin de Kinshasa, en République démocratique du Congo, la professeure Madeleine Mbongo Mpasi, enseignante à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), a présenté une réflexion sur la place de l’intelligence artificielle dan
Lors d’une matinée scientifique organisée à l’Université Saint-Augustin de Kinshasa, en République démocratique du Congo, la professeure Madeleine Mbongo Mpasi, enseignante à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), a présenté une réflexion sur la place de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur et ses implications pour les étudiants congolais.
Selon elle, l’intelligence artificielle constitue aujourd’hui un outil important dans le contexte académique et professionnel. Elle peut servir d’accélérateur de connaissances, renforcer la compétitivité internationale des étudiants et contribuer à la modernisation du système universitaire. Toutefois, la professeure souligne que l’IA ne remplacera pas l’étudiant capable de l’utiliser intelligemment. En revanche, elle pourrait marginaliser celui qui ne maîtrise pas cet outil.
Dans son intervention, Mme Mbongo Mpasi a également rappelé que certaines fonctions humaines ne peuvent être remplacées par la machine. Malgré les progrès technologiques, les dimensions humaines telles que l’affection, la chaleur humaine ou encore la présence parentale restent irremplaçables.
Elle a illustré cette transformation par des exemples concrets observés dans plusieurs pays européens. Dans certains magasins, les caissiers ont été remplacés par des systèmes automatisés où les clients scannent eux-mêmes leurs produits avant de procéder au paiement. Cette évolution montre que certaines tâches autrefois effectuées par l’être humain sont progressivement confiées à des dispositifs technologiques.
Par ailleurs, la professeure a rappelé que l’intelligence artificielle a été initialement conçue pour assister l’être humain dans l’exécution de certaines tâches et améliorer l’efficacité du travail. Cependant, son utilisation comporte également des risques. Chez les étudiants, un usage non critique peut favoriser le plagiat, puisque l’IA peut produire des textes à partir d’informations déjà disponibles dans des bases de données numériques.
S’agissant de la définition de l’intelligence artificielle, Mme Mbongo Mpasi la présente comme un procédé informatique permettant d’accéder automatiquement à des savoirs et à des algorithmes stockés dans des bases de données numériques, afin de produire ou de générer de nouvelles connaissances. Autrement dit, l’IA ne crée pas de savoirs à partir de rien : elle mobilise et combine des connaissances déjà produites par l’humanité.
Dans cette perspective, l’intelligence artificielle peut être considérée comme une technologie intellectuelle. Elle repose sur des machines et des systèmes informatiques, mais son fonctionnement dépend essentiellement des connaissances introduites dans ces systèmes par les êtres humains.
La professeure a également mentionné les travaux de Robert Pascal, selon lesquels l’intelligence artificielle représente un procédé informatique capable d’augmenter les capacités cognitives humaines tout en réduisant l’effort de travail. Cette réflexion rejoint les analyses du théoricien des médias Marshall McLuhan, qui expliquait déjà dans son ouvrage Understanding Media: The Extensions of Man que chaque nouvelle technologie transforme profondément la société.
Aujourd’hui, cette transformation est particulièrement visible avec l’expansion d’Internet et des smartphones. Alors qu’autrefois l’accès à l’information nécessitait des déplacements ou la consultation de documents physiques, il est désormais possible d’obtenir instantanément des informations depuis n’importe quel endroit du monde.
En conclusion, la professeure Mbongo Mpasi estime que l’intelligence artificielle ne doit être considérée ni comme une menace absolue ni comme une solution miracle. Tout dépend de l’usage qu’en feront les universités et les étudiants. Bien utilisée, elle peut devenir un véritable levier de connaissance, de compétitivité et de modernisation pour l’étudiant congolais.









