Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe va se prononcer, ce vendredi 18 septembre 2026, sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par Nathanaël Onokomba. Cette décision intervient après l’audience du 11 septembre dernier, au cours de laquelle les juges ont poursuivi l’instruction de cette affaire.
Nathanaël Onokomba est poursuivi par le ministère public pour apologie du terrorisme, ainsi que pour des faits liés à la négation, à la minimisation, à l’approbation ou à la justification de crimes attribués au Rwanda en République démocratique du Congo.
La défense dénonce des irrégularités dans la procédure
Lors de l’audience du vendredi 11 septembre, les avocats de Nathanaël Onokomba ont notamment contesté la régularité de la procédure engagée contre leur client.
Ils ont soutenu qu’après que le Tribunal militaire de garnison s’était déclaré matériellement incompétent, le parquet près le TGI/Gombe, auquel le dossier avait été transmis, n’aurait posé aucun nouvel acte d’instruction à l’encontre du prévenu.
Selon la défense, Nathanaël Onokomba n’aurait notamment jamais été auditionné par le parquet civil après le transfert du dossier.
Les conseils du prévenu ont également affirmé que certaines préventions ainsi que certains procès-verbaux avaient été écartés au cours de la procédure devant le Tribunal militaire de garnison.
Autre grief soulevé par la défense : le transfert de Nathanaël Onokomba à la prison centrale de Makala aurait été effectué sans acte de détention régulier. Les avocats affirment qu’aucun mandat d’arrêt provisoire ni aucune ordonnance de détention préventive ne figureraient au dossier.
« Vous constaterez que la nature de la détention de Nathanaël à la prison centrale de Makala est à trouver dans le droit. Il y a une irrégularité notoire, messieurs les juges. Vous allez ordonner sa mise en liberté afin qu’il puisse revenir comparaître, s’il échet », a plaidé l’un de ses avocats.
Et d’ajouter :
« Monsieur le Président, Nathanaël Onokomba est un étudiant. Il a raté sa session à cause de cette affaire qui, selon nous, n’a aucun fondement en termes de preuves. »
Nathanaël Onokomba invoque Hérode et Pilate devant les juges
Après avoir entendu les avocats, le tribunal a donné la parole à Nathanaël Onokomba. Le prévenu a plaidé son innocence et sollicité son acquittement.
Dans une intervention marquée par des références bibliques, il a appelé les juges civils à ne pas reproduire, selon lui, l’attitude de Ponce Pilate, qu’il reproche aux juges militaires d’avoir adoptée.
« Un jour, le Fils de l’homme, Jésus-Christ, était devant Pilate. Pilate a choisi d’appliquer la loi et a renvoyé le dossier. Aujourd’hui, je ne veux pas que vous soyez des Hérode. Les juges militaires se sont comportés comme des Pilate. Aujourd’hui, c’est vous qui allez décider. Je suis entre vos mains. Si vous voulez que je reste ici, si c’est la loi qui le veut, j’accepte. Mais si vous pensez qu’il est juste de me laisser partir, ma famille a besoin de moi », a déclaré Nathanaël Onokomba.
Poursuivant son intervention, il a insisté sur les conséquences de sa détention sur son parcours universitaire et sa situation personnelle.
« Ça fait huit mois que je suis en détention. J’ai raté ma session comme étudiant et beaucoup d’autres choses. Je suis arrivé ici sans indice de culpabilité. Vous êtes les juges, je suis le prévenu. L’avantage que j’ai, c’est que vous n’avez qu’une seule autorité, qui est la loi. C’est à vous d’appliquer la loi. Je vous demande juste d’appliquer la loi », a-t-il déclaré.
Le tribunal renvoie l’affaire au 18 septembre
À l’issue des échanges, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a renvoyé la cause au vendredi 18 septembre 2026.
Cette audience devrait notamment être consacrée au prononcé du jugement avant dire droit sur la requête de mise en liberté provisoire introduite par la défense.
Selon l’évolution de l’instruction, cette audience pourrait également donner lieu aux plaidoiries des parties ainsi qu’au réquisitoire du ministère public.









