Ouverte le 22 juin dernier à l’hôtel Hilton de Kinshasa, la troisième grande conférence du Corps de l’Élite Scientifique de l’UDPS (CES-UDPS) s’est clôturée mardi 23 juin 2026. Les travaux ont été officiellement fermés par Jean Tezo Kia-Nsi, secrétaire général adjoint de l’UDPS chargé des questions socioculturelles et humanitaires, également coordonnateur de la Commission de gestion des ambitions.
Placée sous le thème du partenariat stratégique entre les États-Unis et la République démocratique du Congo, cette rencontre a réuni universitaires, experts, décideurs publics et acteurs économiques autour des opportunités qu’offre cette coopération pour le développement du pays.
Miser sur la formation des ingénieurs congolais
La deuxième journée des travaux a débuté par un panel consacré à l’industrialisation. Parmi les intervenants figurait le professeur émérite Taba Muzele, de la Faculté des sciences de l’Université de Kinshasa, qui a animé une conférence intitulée « Industries responsables de transformation locale ».
Fort de son expérience académique aux États-Unis, le scientifique a souligné l’impérieuse nécessité pour la RDC de développer une base industrielle solide afin de soutenir sa croissance économique, renforcer sa souveraineté et préserver son intégrité territoriale.
Selon lui, le partenariat stratégique avec les États-Unis ne pourra produire des résultats durables que si la RDC investit massivement dans la formation de ses ressources humaines. À cet effet, il a recommandé l’envoi de milliers de jeunes Congolais dans les universités américaines pour y poursuivre des études d’ingénierie et de hautes technologies.
Le défi énergétique au cœur de l’industrialisation
Sous la modération du professeur Jean-Paul Kutumisa, le professeur Jean-Marie Beya Kamba, doyen de la Faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa et coordonnateur scientifique du CES-UDPS, a présenté une communication sur les « Besoins énergétiques pour l’industrie locale ».
L’orateur a rappelé qu’aucun développement industriel n’est possible sans un accès suffisant à l’énergie. Il a indiqué que, pour atteindre un niveau comparable à celui des pays émergents, la RDC devrait consommer environ 355,1 TWh d’électricité par an, contre seulement 11 TWh actuellement.
« Cette consommation correspondrait à une puissance minimale de 41 GW. Pour atteindre la moyenne mondiale, il faudrait environ 45 GW, alors que la capacité installée actuelle du pays tourne autour de 4 GW », a-t-il expliqué.
Mieux connaître les ressources minières stratégiques
Le professeur Donat Kampata, doyen de la Faculté de Pétrole, Gaz et Énergies renouvelables de l’UNIKIN, a quant à lui développé le thème sur la « Cartographie et exploration des ressources naturelles et des minerais critiques de la RDC ».
Il a insisté sur la nécessité pour le pays de moderniser et d’actualiser ses données géologiques grâce aux technologies de prospection géophysique afin de mieux valoriser ses immenses ressources naturelles.
Les échanges de ce panel se sont achevés avec l’intervention du professeur Raphaël Matamba, vice-coordonnateur scientifique du CES-UDPS, sur « L’assainissement de la chaîne de valeur de l’industrie minière congolaise ».
Agriculture, investissements et financement
Le deuxième panel, consacré à l’économie, au commerce et aux relations internationales, a été modéré par la secrétaire générale du CES-UDPS, Arly Ntumba.
Le professeur Cyprien Mulumba a ouvert les discussions avec une conférence portant sur le « Climat des affaires et l’attractivité des investisseurs américains ».
De son côté, la professeure Germaine Furaha Mirindi, de l’Université Évangélique en Afrique (UEA), a présenté une communication intitulée « Revanche du sol sur le sous-sol : de la terre à la puissance ». Elle a encouragé les autorités congolaises à intégrer pleinement l’agriculture dans le partenariat stratégique avec les États-Unis, estimant que plusieurs produits agricoles congolais disposent d’un important potentiel commercial.
L’entrepreneur Joël Bokie est ensuite intervenu sur l’accompagnement des industriels et des opérateurs économiques congolais. Il a notamment mis en évidence les opportunités qu’offre le marché de la farine de manioc en RDC.
La professeure Dédé Aliango, directrice générale de l’Institut Supérieur de Statistique (ISS/Kinshasa), a clôturé ce panel avec une communication consacrée à la mobilisation des ressources financières et à l’accès au financement. Elle a appelé les Congolais à devenir les premiers investisseurs de leur propre économie.
Les infrastructures comme levier de croissance
Le dernier panel de la journée, consacré aux infrastructures, était modéré par le docteur Christophe Mulumba. Le professeur Marcel Mbiyangandu Kadiata y a développé le thème des « Normes et standards du commerce international avec les États-Unis ».
Le représentant du directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) a présenté plusieurs projets structurants en cours, notamment les rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, le corridor de Banana ainsi que la route Kalamba-Mbuji.
Les ingénieurs Mudilu Kafunda et Dodom Matungulu ont respectivement exposé sur les infrastructures de télécommunications ainsi que sur les infrastructures portuaires et ferroviaires, avec un accent particulier sur le corridor ferroviaire Lobito-Sakania.
Une plateforme de réflexion stratégique
Durant la première journée, les participants ont également échangé sur les enjeux liés à la science, à l’éducation, à la gouvernance, à la sécurité et à la défense nationale.
Parmi les intervenants figuraient notamment la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo, le recteur de l’Université de Kinshasa, le recteur de l’UNIKIN le professeur Jean-Marie Kayembe Tumba, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, madame le directeur général de la RTNC Sylvie Elenge ainsi que plusieurs experts et universitaires congolais.
Lancée officiellement par Augustin Kabuya, secrétaire général et président ai de l’UDPS, cette troisième grande conférence du CES-UDPS avait pour objectif de formuler des recommandations concrètes susceptibles d’orienter les politiques publiques et les stratégies économiques dans le cadre du partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis.
À l’issue des travaux, les participants ont notamment insisté sur la nécessité d’investir davantage dans la formation des jeunes, le développement des infrastructures, la modernisation de l’appareil productif et la valorisation du capital humain congolais afin de faire du partenariat USA-RDC un véritable moteur de transformation nationale.








