Au cours de la 79e réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 20 février, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement de procéder à un audit de l’état liquidatif de la paie des fonctionnaires de l’État.
A en croire le compte rendu présenté par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, cette démarche vise à « garantir la soutenabilité des finances publiques et assurer la continuité des opérations financières de l’État », notamment la paie régulière des salaires dans les délais.
«Le Président de la République a indiqué qu’il est indispensable de contenir les pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’État par l’accroissement de la masse salariale, consécutive, entre autres, à l’engagement de nouvelles unités sans maîtrise suffisante des effectifs ni des mécanismes de vérification», a rapporté Patrick Muyaya.
Ces déséquilibres, apprend-on, fragilisent la trésorerie publique et exposent le système de la paie à des tensions susceptibles d’affecter la stabilité sociale. Ainsi, l’audit annoncé doit permettre d’identifier les écarts entre effectifs budgétaires et effectifs rémunérés, tout en renforçant la fiabilité des mécanismes de liquidation.
Le Chef de l’État a martelé qu’il ne s’agit « ni d’une mesure isolée ni d’une réaction conjoncturelle », mais de la continuité d’une orientation constante en faveur de l’assainissement et de la discipline budgétaire. Une ligne déjà défendue lors de la 42e réunion du Conseil des ministres du 2 mai 2025, dans un contexte marqué par la hausse des dépenses sécuritaires et les engagements conclus avec les institutions de Bretton Woods, notamment le Fonds monétaire international, dans le cadre de la Facilité élargie de crédit et de la Facilité pour la résilience et la durabilité.
Cette exigence avait été réaffirmée lors de la 58e réunion du Conseil des ministres du 12 septembre 2025, rappelant que la rigueur, la transparence et la responsabilité dans la gestion des deniers publics constituent « un devoir républicain incontournable ». « Le salaire des fonctionnaires n’est pas une simple variable budgétaire. Il constitue un droit social fondamental », a insisté l’exécutif.
L’audit de l’état liquidatif de la paie poursuit un double objectif : garantir que chaque rémunération versée corresponde à un droit légitime et à un service effectivement rendu, et sécuriser durablement les paiements réguliers et ponctuels des salaires. À cet effet, la coordination stratégique de l’opération a été confiée à la Première ministre, avec le concours de l’Inspection générale des finances et des services de contrôle compétents.
Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, a été chargé de veiller à la stricte concordance entre effectifs budgétaires et effectifs rémunérés, tandis que le ministre des Finances devra consolider le mécanisme conjoint des liquidations et des paiements, fondé sur la disponibilité réelle de la trésorerie.
Par cette initiative, le gouvernement entend préserver la justice salariale, limiter les tensions de trésorerie et maintenir un cadre macroéconomique viable, dans un équilibre entre rigueur budgétaire et responsabilité sociale.









