Les propriétaires des parcelles longeant les avenues modernisées de Mbujimayi, dans différentes communes de la ville, sont au cœur d’un spectacle désobligeant qui met à rude épreuve les règles élémentaires d’hygiène et de salubrité. Une situation préoccupante qui favorise l’insalubrité, expose la population aux maladies liées au manque d’hygiène et transforme certains coins de la capitale du Kasaï Oriental en véritables foyers d’odeurs nauséabondes.
En effet, plusieurs maisons sorties de terre orientent leurs eaux usées, provenant des gouttières, des douches et d’autres dispositifs d’évacuation, directement vers les caniveaux publics. Plus inquiétant encore, certaines évacuations issues des lieux d’aisance y sont également déversées, au mépris des règles d’assainissement et de la protection de l’environnement. Une pratique qui pollue le cadre de vie et incommode les usagers de la route, contraints de côtoyer quotidiennement ces nuisances. Conçus essentiellement pour assurer l’évacuation des eaux pluviales, les caniveaux se retrouvent ainsi transformés en dépotoirs et en véritables puits perdus, une situation dénoncée depuis un certain temps par l’Office des voiries et drainage, OVD.
Face à cette réalité, la responsabilité des autorités compétentes se trouve également interrogée. Chefs de quartiers, bourgmestres et autorités urbaines : chacun est appelé à jouer pleinement son rôle dans la lutte contre l’insalubrité et la protection des infrastructures publiques. Si certains dénoncent l’incivisme et la nonchalance des habitants, d’autres pointent du doigt l’absence d’une politique rigoureuse de protection, d’entretien et de pérennisation des infrastructures, acquises au terme de plusieurs années d’attente par la population.
À cette situation s’ajoutent les pratiques de certains hôtels, restaurants, bistrots et autres établissements résidentiels de Mbujimayi, également mis en cause dans la pollution de l’environnement. Un problème d’assainissement qui rappelle, par ailleurs, celui de la prison centrale de Mbujimayi, dont les nuisances en la matière sont dénoncées depuis plusieurs années.
Au-delà du spectacle désolant offert aux passants, la situation soulève une véritable question de santé publique, d’hygiène et de salubrité. Entre incivisme, insuffisance du contrôle et nécessité d’une politique durable d’assainissement, la préservation des avenues modernisées exige une responsabilité partagée entre les citoyens et les autorités. Car construire des infrastructures est une chose ; les protéger et les maintenir en bon état en est une autre.
Dossier à suivre.
Gédéon Kabamba Miteo









