Les incursions répétées des éléphants dans les zones habitées et agricoles du Maï-Ndombe ne seraient pas uniquement liées au comportement de ces animaux. Elles pourraient également traduire une pression croissante exercée sur leurs habitats naturels. C’est l’analyse de l’Ingenieur Stephin Mbokolo Mbaka, chercheur en qualité environnementale et développement durable, qui appelle à une meilleure protection d’espaces naturels et des corridors écologiques.
« La déforestation, l’occupation des terres, la fragmentation des forêts et les effets du changement climatique réduisent progressivement les espaces disponibles pour les éléphants. Cette situation les pousse à se déplacer davantage vers les zones agricoles et les villages, à la recherche de nourriture, d’eau ou de voies de passage », a indiqué le chercheur.
« Les éléphants disposent d’une importante mémoire spatiale. Ils peuvent ainsi emprunter, durant plusieurs générations, des corridors et des territoires traditionnellement utilisés par leurs groupes. Lorsque ces passages sont occupés ou dégradés, les risques de confrontation avec les populations augmentent », a souligné Stephin Mbokolo Mbaka.
« La réponse ne devrait pas consister uniquement à éloigner les éléphants des zones habitées. Il préconise plutôt l’identification, la restauration et la sécurisation des corridors écologiques, afin de permettre à la faune de circuler sans multiplier les contacts avec les communautés », estime l’expert, face à cette situation.
Le chercheur recommande également la mise en place des systèmes d’alerte précoce, la protection des cultures et une implication active des populations locales dans les initiatives de conservation. Selon lui, la protection des éléphants doit nécessairement prendre en compte la sécurité des habitants ainsi que leurs moyens de subsistance.
Cette problématique revêt une importance particulière au Maï-Ndombe, province riche en forêts, en biodiversité et en écosystèmes, notamment les tourbières. Elle intervient également dans un contexte marqué par des initiatives liées à la conservation de la biodiversité, au REDD+, au crédit carbone et à la lutte contre les changements climatiques.
Spécialiste des inventaires forestiers, des tourbières, de la biodiversité, du crédit carbone, de la modélisation et du changement climatique, Stephin Mbokolo Mbaka plaide ainsi pour une approche intégrée de la conservation.
Pour lui, l’enjeu n’est plus simplement de savoir comment éloigner les éléphants des villages, mais surtout de créer les conditions d’une coexistence durable entre les populations et la faune sauvage, à travers la préservation des habitats naturels et la participation des communautés locales.
Vergelin Bola nsa









