Dans un message solennel lu dimanche soir sur les antennes de la RTNC Kisangani par sa porte-parole, la ministre provinciale Claudine Atisady Elondja, le gouvernement provincial de la Tshopo a accusé le Rwanda et ses « supplétifs de l’AFC/M23 » d’avoir mené une attaque par drones contre l’aéroport civil international de Bangoka.
Selon la déclaration officielle, les hostilités ont débuté à 2 heures du matin, ce dimanche 1er mars 2026. Des drones kamikazes chargés de sous-munitions auraient ciblé l’aéroport de Bangoka, infrastructure stratégique située à plus de 1 000 kilomètres des lignes de front actives dans l’Est du pays. Les autorités provinciales dénoncent une opération « terroriste » visant une installation civile en pleine activité.
D’après le gouvernement provincial, les attaques se seraient intensifiées aux heures de pointe du trafic aérien. Quatre drones ont été interceptés et abattus dans le ciel de Bangoka : le premier à 15h48′, le deuxième à 17h30′, le troisième à 18h30′ et le dernier à 19h48′. Cette dernière interception est intervenue alors qu’un appareil civil de la Compagnie Africaine d’Aviation amorçait son atterrissage, dès 19h45′, soulignant la gravité du risque encouru par les passagers et l’équipage.
Les autorités provinciales ont salué la réactivité et le professionnalisme des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ainsi que de leurs partenaires, mettant en avant l’efficacité du système de défense aérienne déployé à Kisangani.
Dans son message, le gouvernement a exprimé sa reconnaissance au Commandant suprême des forces armées, le Président Félix Tshisekedi, pour avoir doté la ville d’un dispositif de défense « de pointe » ayant permis de prévenir un drame.
Au-delà de la riposte militaire, le gouvernement provincial condamne « avec véhémence » ces attaques qualifiées de « lâches et terroristes », tout en appelant la communauté nationale et internationale à mesurer la portée d’une telle escalade visant une infrastructure civile éloignée du théâtre principal des opérations.
Enfin, un appel au calme, à la vigilance et à la mobilisation citoyenne a été lancé à la population de Kisangani et de la province. Les autorités encouragent l’adhésion aux opérations « Yebela Voisin » et « Filimbi », présentées comme des mécanismes communautaires de veille et d’alerte, destinés à renforcer la résilience locale face aux menaces sécuritaires.
Cette séquence marque un tournant préoccupant dans l’évolution des menaces asymétriques visant des cibles civiles en profondeur du territoire national, posant avec acuité la question de la sécurisation durable des infrastructures stratégiques en République Démocratique du Congo.
François OKONDA









