Les représentants de la société civile d’Ilebo accusent certains superviseurs de l’ONG ACHDI d’être impliqués dans des faits présumés de violences basées sur le genre (VBG) et de harcèlement sexuel dans le cadre du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF). Des allégations qui n’ont pas encore été confirmées par une enquête indépendante et auxquelles les personnes mises en cause n’ont pas encore officiellement répondu.
Un climat de vives tensions entoure l’exécution du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF) dans le Territoire d’Ilebo, au Kasaï. Dans un communiqué transmis à notre rédaction, des représentants de la société civile locale dénoncent plusieurs dysfonctionnements dans la mise en œuvre du projet, notamment des cas présumés de violences basées sur le genre (VBG) et de harcèlement sexuel impliquant des superviseurs de terrain de l’ONG ACHDI.
Selon les signataires du document, les difficultés auraient débuté dès la phase de recrutement. Ils reprochent à l’organisation d’avoir privilégié le personnel venu de Tshikapa, de Kinshasa et de Kananga au détriment des compétences locales.
Le communiqué évoque également l’existence de « beaucoup de mafias » dans la gestion du projet. Toutefois, à ce stade, aucun élément de preuve n’a été rendu public pour étayer ces allégations.
Les accusations les plus graves concernent des faits présumés de harcèlement sexuel visant des femmes recrutées dans le cadre du projet, principalement originaires de Tshikapa et de Kinshasa. Les auteurs du communiqué affirment que ces pratiques se sont poursuivies depuis plusieurs mois et que des avenants ont été promis aux présumées victimes à leur contrat.
Les signataires soutiennent également que parmi les présumées victimes figureraient des femmes mariées ainsi que des responsables.
Face à cette situation que la société civile qualifie d’« enfer », les auteurs du communiqué demandent au PAAF et à ses partenaires de prendre des mesures urgentes. Ils sollicitent notamment le remplacement de l’équipe mise en cause et appellent les responsables des organisations partenaires à intervenir rapidement afin de garantir la protection des femmes engagées dans le projet.
La dénonciation formulée sous anonymat, est adressée aux autorités humanitaires ainsi qu’aux acteurs spécialisés dans la lutte contre les violences basées sur le genre intervenant dans la province du Kasaï. Elle intervient dans un contexte où les partenaires humanitaires et les bailleurs de fonds affirment appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard des abus et de l’exploitation sexuelle.
Par ailleurs, plusieurs organisations de défense des droits des femmes à Ilebo indiquent suivre de près cette affaire et plaident pour l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les faits, situer les responsabilités et assurer la protection des victimes présumées.
« Toute dénonciation sera traitée avec la plus grande attention conformément aux mécanismes de gestion des plaintes », a indiqué un cadre du PAF basé à Kinshasa, joint par RTNC.cd.
En attendant d’éventuelles investigations, la société civile d’Ilebo continue d’exiger des mesures conservatoires immédiates afin de mettre un terme aux pratiques dénoncées et de garantir un environnement de travail sûr pour toutes les personnes impliquées dans le projet.
Jean Marcel Tshimpaka depuis Tshikapa.









