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Électricité à Kinshasa : la SNEL mise sur une centrale flottante pour injecter 135 MW supplémentaires

La Société nationale d’électricité (SNEL) entend renforcer prochainement l’approvisionnement en énergie électrique de Kinshasa. Pour répondre à la demande sans cesse croissante dans la capitale congolaise, l’entreprise publique prévoit de recourir à une centrale électrique flottante capable de fournir 135 mégawatts (MW) supplémentaires au réseau national.

Cette annonce a été faite jeudi 1er octobre 2026 par le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, lors d’un briefing presse animé conjointement avec Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement.

Face aux journalistes, le responsable de la SNEL a expliqué que les difficultés récurrentes de desserte en électricité résultent principalement d’un déséquilibre entre les capacités de production disponibles et l’évolution rapide des besoins énergétiques du pays.

À l’en croire, la SNEL possède des installations dont la capacité théorique de production est évaluée à 2 800 MW. Cependant, en raison de différentes contraintes techniques, la puissance effectivement disponible se situe entre 1 800 et 2 000 MW sur l’ensemble du territoire national.

Teddy Lwamba a notamment évoqué la transformation du paysage économique congolais au cours des dernières décennies. Alors que les besoins énergétiques étaient autrefois relativement limités, l’expansion des activités minières, la croissance démographique et le développement des centres urbains ont considérablement accru la consommation.

Il a rappelé qu’en 1982, la production d’Inga II permettait de répondre aux besoins du pays. Mais depuis, la demande a fortement progressé, particulièrement dans le secteur minier, dont la consommation serait passée de 600 MW à plus de 5 000 MW.

Une demande qui dépasse les capacités disponibles

La capitale congolaise constitue l’une des illustrations les plus frappantes de cette pression énergétique. D’après le DG de la SNEL, Kinshasa consommait environ 580 MW en 1989, avec une population estimée à 4 millions d’habitants. Aujourd’hui, alors que la ville compte près de 20 millions d’habitants, ses besoins se situent entre 620 et 700 MW en période de pointe.

Pour Teddy Lwamba, cette situation traduit les limites d’un système de production qui n’a pas suffisamment évolué au même rythme que les besoins de la population et de l’économie.

Il a également souligné que les possibilités d’importation d’électricité, développées notamment au début des années 2000 grâce aux interconnexions avec les pays voisins, ont atteint leurs limites à partir de 2006.
La SNEL doit désormais privilégier le développement de nouvelles capacités de production sur le territoire national.

Mais cette ambition, a expliqué le DG, se heurte à des difficultés financières. Le faible niveau de recouvrement des factures et les tarifs administrés, jugés insuffisamment rémunérateurs par le responsable de l’entreprise, réduisent les marges nécessaires au financement de nouveaux investissements.

Karpowership sollicitée pour renforcer l’offre électrique

En attendant la réalisation de projets structurants, la SNEL a choisi une solution présentée comme une réponse rapide aux besoins de Kinshasa. Il s’agit du recours à Karpowership, une société turque spécialisée dans la production d’électricité à partir de centrales flottantes.

Selon Teddy Lwamba, un contrat a été conclu avec cet opérateur, qui devrait mettre un navire équipé d’une centrale électrique à la disposition de la RDC dans un délai d’environ trois semaines.

L’installation permettra, dans une première phase, d’apporter 135 MW supplémentaires. Une capacité qui devrait contribuer à réduire la pression sur le réseau de Kinshasa et à améliorer progressivement la desserte.

Par ailleurs, le développement de l’énergie solaire, envisagé comme une autre alternative, demanderait entre six et douze mois avant de produire des résultats, selon les estimations présentées lors du briefing.

Un plaidoyer pour des subventions publiques

Au-delà de cette solution d’urgence, Teddy Lwamba estime que la relance du secteur électrique nécessite un accompagnement plus important de l’État.
Il a notamment pointé la forte dépendance de la RDC à l’hydroélectricité, une situation qui rend la production sensible aux variations saisonnières du niveau des eaux.

Dans cette perspective, le directeur général de la SNEL plaide pour la mise en place d’un mécanisme de subvention en faveur du secteur de l’électricité, à l’instar du soutien accordé au secteur des hydrocarbures.

L’objectif serait de donner à l’entreprise les moyens financiers nécessaires pour moderniser ses installations, développer de nouvelles sources d’énergie et répondre durablement à la demande.

Prenant la parole, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya a rassuré quant à la détermination du gouvernement d’accroître les capacités de la SNEL afin de lui permettre de répondre au mieux aux besoins de la population en fourniture d’électricité.

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