Au cours du briefing presse de ce jeudi 4 septembre 2025, la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a démenti la rumeur selon laquelle la gratuité de l’enseignement primaire public serait annulée dans les zones occupées, notamment à l’Est de la République démocratique du Congo.
Elle a rappelé que ce principe reste pleinement en vigueur sur l’ensemble du territoire national et a souligné que le gouvernement ne fera jamais marche arrière face à ce droit intangible consacré par la Constitution.
« Je vous remercie de me donner l’occasion de réaffirmer que la gratuité de l’enseignement de base a un caractère obligatoire. La gratuité de l’enseignement primaire public est inscrite dans la Constitution. On ne peut pas revenir en arrière. Nous réaffirmons la gratuité de l’enseignement primaire public sur l’ensemble du territoire de la RDC, y compris dans les zones occupées », a-t-elle déclaré.
La ministre a également lancé un appel à la raison aux membres du mouvement armé AFC/M23, qui ont pris un arrêté obligeant les parents à payer certains frais : « À quels enfants, à quels parents demande-t-on de l’argent ? À ceux qui subissent déjà des souffrances indicibles. C’est un appel à la raison : il faut appliquer correctement cette mesure de gratuité et penser à ces familles qui souffrent déjà énormément. On ne peut pas leur ajouter un poids supplémentaire. »
Dans le même esprit, Raïssa Malu a réaffirmé la détermination et l’engagement ferme du gouvernement Suminwa à continuer de prendre en charge tous les frais nécessaires afin que ce principe reste une réalité.
« L’État, comme il l’a toujours fait, va continuer à payer les enseignants et les frais de fonctionnement des écoles. D’ailleurs, au mois d’août, j’ai rappelé plusieurs directives à l’ensemble des gouverneurs pour souligner qu’aucun frais ne peut être exigé au niveau de l’enseignement primaire public. Tout arrêté pris au niveau provincial doit être validé au niveau national. Tout frais supplémentaire demandé est illégal et doit être immédiatement annulé pour respecter la Constitution ainsi que nos lois nationales et internationales », a-t-elle insisté.
Répondant à une question, la ministre a aussi démantelé les fausses informations selon lesquelles le gouvernement ne paierait plus les enseignants des zones occupées. Elle a confirmé que ceux-ci continuent à percevoir régulièrement leurs salaires par paiement digital, notamment via téléphone mobile.
De son côté, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé les décisions prises par les forces d’occupation visant à remettre en cause la gratuité de l’enseignement primaire public : « Les occupants illégaux n’ont aucun droit ni aucune légitimité de prendre des mesures de cette nature. Souvenez-vous, lorsque nous évoquions l’Accord de principe, il se référait à la Constitution, qui doit être respectée. Croire pouvoir remettre en cause un principe intangible est inacceptable et non négociable. »
À noter que les autorités de l’AFC/M23 ont pris, à l’intention des directeurs et chefs d’établissement, un arrêté fixant les frais de scolarité dans les écoles publiques et privées agréées pour l’année scolaire 2025-2026 dans la province du Nord-Kivu.
Cet arrêté prévoit, par exemple, des frais de fonctionnement trimestriels de 8.000 FC au niveau maternel, soit 24.000 FC pour toute l’année. Le même montant est exigé au niveau primaire.
Pour les classes de l’enseignement secondaire de base (7ᵉ, 8ᵉ et options), ces frais sont fixés à 10.000 FC trimestriels, soit 30.000 FC l’année.









