La Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) a annoncé la tenue d’une réunion ministérielle extraordinaire virtuelle les 1er et 2 juin afin de coordonner la riposte régionale contre l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda.
Cette réunion du Conseil sectoriel des ministres de la Santé examinera les mesures régionales destinées à contenir la propagation de la maladie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante rare pour laquelle aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible.
L’épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai 2026. Selon les chiffres communiqués par l’EAC, la RDC recensait au 26 mai 121 cas confirmés, dont 17 décès parmi les cas confirmés. Le pays comptait également 1.077 cas suspects et 246 décès parmi ces derniers. En Ouganda, sept cas confirmés et un décès avaient été enregistrés au 25 mai, les deux premiers patients ayant voyagé depuis la RDC avant de se faire soigner sur le territoire ougandais.
Les provinces congolaises de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont les plus touchées. La zone de Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, demeure l’épicentre de l’épidémie. Les autorités sanitaires s’inquiètent particulièrement de la forte mobilité des populations et des importants flux transfrontaliers qui pourraient favoriser une propagation régionale du virus.
Le secrétaire général de l’EAC, Stephen Mbundi, a affirmé que l’organisation régionale renforçait ses mécanismes de coordination avec les États partenaires ainsi qu’avec les institutions sanitaires internationales.
« Nous mobilisons les mécanismes régionaux et travaillons étroitement avec les États partenaires, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les partenaires au développement afin de renforcer la surveillance, le diagnostic en laboratoire, la prévention et le contrôle des infections ainsi que les capacités de réponse rapide », a-t-il déclaré.
Parmi les mesures annoncées figure le déploiement de neuf laboratoires mobiles dans des zones frontalières stratégiques et aux principaux points d’entrée de la région. Ces installations seront notamment positionnées à Beni, dans l’est de la RDC, ainsi qu’aux frontières du Kenya, du Soudan du Sud, du Burundi, de la Tanzanie, du Rwanda et de l’Ouganda.
L’initiative est financée par le gouvernement allemand à travers la banque de développement KfW et bénéficie d’un appui technique de l’Institut Bernhard Nocht de médecine tropicale.
L’Institut de recherche sur les virus de l’Ouganda (UVRI), centre régional d’excellence en virologie de l’EAC, participe également au renforcement des capacités de diagnostic.
L’organisation régionale a également annoncé l’activation de son programme de formation TEACH destiné à améliorer la prise en charge clinique des maladies infectieuses à haut risque, dont Ebola.
Une nouvelle session de formation des formateurs est prévue début juin 2026 et portera notamment sur les fièvres hémorragiques virales, les soins intensifs, la prévention des infections et l’utilisation des équipements de protection individuelle.
En parallèle, l’EAC mobilise son réseau de plus de 180 experts d’intervention rapide spécialisés dans les urgences sanitaires. Une quarantaine d’entre eux bénéficieront prochainement d’une remise à niveau sur la prévention des infections, la communication des risques et la gestion des épidémies.
Pour soutenir les personnels de santé en première ligne, l’organisation a déjà acquis 500 kits d’équipements de protection individuelle destinés à la RDC et à l’Ouganda, tandis que d’autres commandes sont en cours pour les autres États membres.
À noter que l’EAC poursuit des discussions visant à mettre en place un mécanisme régional accéléré d’homologation des vaccins, traitements et outils diagnostiques contre Ebola, en collaboration avec l’Agence africaine du médicament, l’OMS et les autorités nationales de régulation pharmaceutique.
L’organisation a appelé les États membres à renforcer la surveillance aux frontières, à intensifier la coordination transfrontalière et à sensibiliser davantage les populations. Elle exhorte également les habitants de la région à respecter les mesures d’hygiène, à éviter tout contact avec des personnes suspectées d’être infectées et à signaler rapidement tout symptôme aux autorités sanitaires.









