La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo, a lancé un appel remarqué en faveur d’une révision de la Constitution de la République démocratique du Congo afin de mieux protéger et promouvoir l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la liberté académique.
S’exprimant mercredi à l’ouverture du premier Congrès d’études congolaises à l’Université officielle de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, la ministre a estimé que la loi fondamentale actuelle ne répond plus pleinement aux ambitions du Congo du troisième millénaire.
« Pourquoi ne pas réviser aussi notre Constitution pour le Congo du troisième millénaire ? », a-t-elle interrogé devant la communauté universitaire et scientifique, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une posture politique, mais d’une réflexion fondée sur la nécessité d’adapter le cadre juridique national aux nouveaux enjeux de développement.
Selon elle, la Constitution congolaise accorde encore une place insuffisante au rôle stratégique du savoir, de la recherche et des universités dans la souveraineté nationale. Elle a notamment plaidé pour l’inscription explicite du droit à la mobilité académique, de la liberté académique ainsi que de mécanismes garantissant l’autonomie responsable et le financement durable des établissements d’enseignement supérieur.
Pour Marie-Thérèse Sombo, l’ambition de faire de la RDC un acteur scientifique influent exige un engagement constitutionnel fort. « La République doit investir dans la science, protéger la liberté académique et faire de l’université un pilier de son développement et de sa sécurité », a-t-elle déclaré.
Une université au service de la transformation du pays
La ministre a également insisté sur la nécessité de mettre en place une véritable gouvernance des savoirs afin de relever les défis économiques, technologiques et sociaux du pays.
Elle a défendu une université davantage connectée aux besoins nationaux, notamment dans les secteurs minier, agricole, sanitaire et numérique. Elle a aussi appelé à une recherche scientifique orientée vers des résultats concrets et directement utiles au développement du pays.
« La recherche pour la recherche a vécu. La recherche pour transformer le pays commence maintenant », a-t-elle affirmé.
La patronne de l’ESURSI a par ailleurs mis en avant les réformes engagées sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, notamment la promotion de la recherche scientifique, la numérisation des établissements, l’amélioration de la qualité de l’enseignement et le renforcement de la coopération scientifique.
Un congrès placé sous le signe de l’avenir
Organisé du 26 au 29 mai 2026 autour du thème « Demain le Congo du troisième millénaire : conscience historique, gouvernance des savoirs et devenir national », le premier Congrès d’études congolaises se veut un cadre de réflexion sur l’avenir du pays.
Marie-Thérèse Sombo a exhorté les chercheurs, enseignants et étudiants à transformer les débats en propositions concrètes susceptibles d’accompagner la modernisation de la RDC.
En clôture de son intervention, elle a salué l’Université officielle de Mbuji-Mayi pour l’organisation de cette rencontre scientifique d’envergure ainsi que pour la qualité de ses nouvelles infrastructures, symbole, selon elle, de l’engagement en faveur du savoir et du développement national.









