Dans une ville où beaucoup de jeunes pensent que la réussite passe par le vol ou les groupes armés, Ramazani Elie, âgé de 32 ans, jeune débrouillard de la ville de Bunia a choisi un autre chemin : le grillage de la viande de chèvre.
Grâce à ce métier qu’il exerce avec passion et sérieux, il a déjà réussi à s’acheter une parcelle et à prendre en charge sa famille. Père de trois enfants qui étudient tous, il est la preuve vivante qu’on peut gagner dignement sa vie avec ses propres mains.
Au-delà de son business, Ramazani est un exemple de propreté et de professionnalisme, surtout en cette période où les maladies comme Ebola menacent. Contrairement à ce que font certains, toute sa viande vient de l’abattoir central de Bunia. Avant d’être grillée, elle est testée et certifiée par le vétérinaire. Une fois chez lui, dans son coin de vente, il a installé des lavabos avec de l’eau et du savon. Il impose à tous ses clients le lavage des mains et le respect des mesures barrières, sans se serrer la main, pour éviter toute contamination.
Mais, Elie ne veut pas réussir seul. Il lance un appel fort à tous les jeunes qui le suivent : travaillez avec vos propres efforts, ne volez pas, ne rejoignez pas les groupes armés, vous ne gagnerez rien avec ça. Selon lui, c’est en travaillant dur qu’on devient un grand homme et un responsable dans la société. Il invite même les jeunes sans emploi à le rejoindre, car il a un rêve plus grand que son grillage.
En effet, Ramazani Elie nourrit un projet d’avenir ambitieux : ouvrir une école de formation professionnelle pour les jeunes. Cette école va former la jeunesse aux métiers de la grillerie et de la préparation de la viande de chèvre. Pour lui, c’est la meilleure façon de lutter contre le chômage et la délinquance juvénile en donnant un métier concret qui nourrit tout un homme.
À travers son métier, Ramazani fait aussi de la sensibilisation communautaire. Chaque client qui vient acheter son mbuzi choma repart avec un message sur le respect des mesures d’hygiène édictées par les autorités sanitaires pour éradiquer les épidémies dans la ville de Bunia. Pour clore son propos, il a tenu à remercier le Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour la paix retrouvée dans la province de l’Ituri. Grâce à lui, a-t-il dit, il y a aujourd’hui la paix en Ituri et les jeunes comme lui peuvent travailler librement.
Olivier bulamuzi nobirabo









