La journée « ville morte » lancée ce mercredi 3 juin par l’opposition pour protester contre le projet de changement de la Constitution n’a pas été observée à Boende, chef-lieu de la province de la Tshuapa.
Dès 7h30, les portes des services publics étaient ouvertes. À l’Hôtel de ville, au gouvernorat de province, dans les bureaux de l’administration territoriale ainsi que dans les écoles, le personnel était à son poste. Les enseignants ont dispensé les cours comme d’habitude.
Même constat du côté du marché central de Boende et des principales artères commerciales. Boutiques, pharmacies, stations d’essence et guichets des banques ont fonctionné sans interruption. Les taxis-motos et les véhicules circulaient comme à l’accoutumée.
« Nous avons ouvert comme chaque jour. La population doit manger, les enfants doivent étudier. La politique ne doit pas arrêter la vie » témoigne un commerçant du quartier Domaine rencontré devant son étalage.
Par ailleurs aucun incident ni rassemblement lié au mot d’ordre de l’opposition n’a été signalé dans la ville. Les forces de l’ordre, discrètes, étaient visibles à certains carrefours stratégiques mais ne sont pas intervenues.
Interrogées, plusieurs personnes indiquent ne pas se sentir concernées par cette action politique.
« Nous avons d’autres priorités ici. La Tshuapa cherche le développement, pas l’arrêt des activités » lance un fonctionnaire croisé devant son bureau.
A l’instar d’autres grandes villes du pays, Boende affiche, elle, une journée ordinaire. Des sources proches de l’administration provinciale notent que « la population a vaqué librement à ses occupations » et que « le calme a régné sur toute l’étendue de la ville ».
L’opposition, qui dénonce un projet de modification constitutionnelle qu’elle juge inopportun, avait appelé à une journée sans activités pour marquer son désaccord. À Boende, cet appel n’a visiblement pas trouvé d’écho.
Tshuapa, Delphin Ebwa









