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AccueilA la UneNord-Kivu: Face aux violences, les victimes brisent le silence

Nord-Kivu: Face aux violences, les victimes brisent le silence

Des victimes des violences armées dans le Nord-Kivu ont réclamé justice, réparation et le retour de la sécurité, à l’occasion d’une cérémonie d’hommage organisée en mémoire des personnes tuées dans les conflits qui touchent l’est de la RDC.

Pour Innocent Rugero, responsable du Collectif des victimes de l’agression rwandaise (CVAR-ONGDH), cette initiative vise à honorer les victimes et à redonner espoir aux survivants. Il a évoqué les personnes tuées, brûlées, enterrées dans des fosses communes ou mutilées au cours des différentes violences enregistrées dans la région.

« Nous sommes en train de réclamer la justice, que la justice soit faite pour que les victimes qui sont ici trouvent réparation », a-t-il déclaré, appelant les autorités congolaises à renforcer la sécurité et les partenaires internationaux à agir contre l’impunité.

Représentant le gouverneur du Nord-Kivu, Aimé Noël Kaneno a rendu hommage aux victimes des groupes armés et exprimé sa solidarité avec leurs familles. Il a notamment cité les victimes des récents massacres de populations pygmées à Ngadi. Il a réaffirmé le soutien du gouvernement provincial aux démarches en faveur de la mémoire, de la vérité, de la justice et de la réparation.

Les témoignages des survivants ont donné une dimension particulière à la cérémonie. Adidja Siwango, qui affirme avoir perdu six membres de sa famille, dit vivre aujourd’hui dans une maison d’accueil sans assistance. « Je demande à notre gouvernement de nous aider. […] Je vis dans une maison d’accueil sans aucune aide », a-t-elle témoigné.

Kambale Mupika Micdady a, lui, raconté avoir perdu son grand frère, tué par les ADF dans son champ, ainsi que 13 autres membres de sa famille, brûlés vifs dans une maison. Il demande la fin des massacres et la réparation des préjudices subis.

Basikania Josué, blessé lors d’une attaque attribuée aux ADF, vit également avec les conséquences physiques des violences. Après plusieurs prises en charge médicales, sa famille lui a procuré une prothèse qui lui permet de se déplacer, mais dont il dit souffrir aujourd’hui.

Sur le site évoqué par le chef du groupement Bapakombe Bakondo, 260 personnes regroupées dans 67 ménages, selon ses chiffres, ont également besoin d’assistance. Il a demandé un soutien en faveur des populations autochtones pygmées affectées par les violences.

Au-delà des hommages, les victimes et leurs représentants demandent désormais des mesures concrètes : sécurité pour les civils, accès aux soins et à l’assistance, justice pour les auteurs des violences et réparation pour les survivants et les familles des personnes tuées.

John Shindano

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