Le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo s’est invitée au briefing presse coanimé, lundi 18 mai 2026, par le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, et le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua.
Interrogés sur leurs positions concernant un éventuel changement ou une révision de la Constitution, les deux membres du Gouvernement ont insisté sur la nécessité de privilégier un débat démocratique, responsable et centré sur l’intérêt général.
Dans son intervention, Patrick Muyaya a affirmé qu’aucune question d’intérêt national ne devait être interdite de réflexion. Toutefois, il a souligné que le débat autour de la Constitution devait être mené avec méthode et responsabilité, rappelant que la Loi fondamentale demeure le socle de l’organisation politique et institutionnelle du pays.
« La Constitution est le pacte fondamental qui organise notre pays », a déclaré le porte-parole du Gouvernement, avant de rappeler la position du Président de la République, favorable à une réflexion menée dans la rigueur et le respect de la volonté populaire.
Patrick Muyaya a également dénoncé la tendance de certains acteurs politiques à personnaliser le débat constitutionnel. Selon lui, plusieurs responsables politiques ont déjà évoqué cette question dans le passé, mais aujourd’hui, certains cherchent davantage à politiser le sujet qu’à favoriser une réflexion de fond.
« Il faut arrêter la personnalisation du débat », a insisté le ministre de la Communication et Médias, évoquant notamment certaines questions sensibles comme celle de la double nationalité, qui méritent selon lui un débat dépassionné et orienté vers l’intérêt supérieur de la nation.
Le porte-parole du Gouvernement a par ailleurs estimé que l’hypocrisie politique devait être évitée dans les discussions autour de la réforme constitutionnelle, plaidant pour un échange sincère et républicain.
De son côté, Jean-Pierre Lihau a défendu le principe du débat démocratique, estimant que chaque citoyen a le droit d’exprimer librement son opinion sur l’avenir des institutions du pays.
« Ceux qui disent non ont raison de s’exprimer, tout comme ceux qui pensent le contraire. En démocratie, chacun a droit à son point de vue », a affirmé le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique.
Pour Jean-Pierre Lihau, le dernier mot revient au peuple congolais, qu’il a qualifié de « juge suprême ».
Selon lui, le peuple dispose du droit souverain de décider de son avenir institutionnel et politique.
Le patron de la Fonction publique a également évoqué la nécessité de réfléchir à l’évolution des institutions après plus de vingt ans d’application de la Constitution actuelle. Il a estimé qu’il était légitime de s’interroger sur l’efficacité institutionnelle du pays et sur l’adaptation des textes aux réalités contemporaines.
« La marche d’un peuple demande parfois des remises en question », a-t-il déclaré, évoquant notamment un « État obèse » et un « pays surinstitutionnalisé ».
Malgré l’ouverture du débat, Patrick Muyaya a rappelé que la priorité du moment restait la fin de l’occupation de certaines parties du territoire national ainsi que le retour définitif de la paix dans l’Est du pays.
En conclusion, Jean-Pierre Lihau a cité le philosophe grec Socrate : « Le secret du changement consiste à concentrer toute son énergie non pas à lutter contre le passé, mais à construire l’avenir. »









