Les travaux de la soixantième session ordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies se sont ouverts ce lundi 8 septembre à Genève, en Suisse.
À cette occasion, le Président congolais Félix Tshisekedi a plaidé, depuis Kinshasa, pour la reconnaissance des génocides perpétrés sur le sol congolais.
« Notre plaidoyer se fonde sur des assises juridiques incontestables et sur un corpus de rapports concordants, nationaux et internationaux, qui documentent l’ampleur, la systématicité et l’intention criminelle de ces atrocités. Il ne s’agit pas d’émotion, mais de droit. Pas d’accusation gratuite, mais d’établissement rigoureux des faits », a-t-il déclaré dans une vidéo diffusée par la cellule de communication de la présidence de la République.
Et de poursuivre :
« Le débat que nous proposons s’organise autour de trois axes très concrets :
- Cartographier les faits à caractère génocidaire commis en République démocratique du Congo au cours des trente dernières années ;
- Établir l’existence de génocides perpétrés sur notre territoire à l’aune des critères reconnus par le droit international ;
- Mettre en place une architecture de justice transitionnelle adaptée à nos réalités, garantissant vérité, poursuite et réparation. »
S’appuyant sur la Convention de 1948, le Président Tshisekedi a formulé plusieurs recommandations aux États ainsi qu’aux organes des Nations Unies.
« Nous réaffirmons notre ancrage dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 et dans l’ensemble des instruments pertinents du droit international. Notre démarche est conforme à ces principes. Elle vise la vérité, elle exige la justice, elle appelle à la réparation. Mesdames et messieurs, notre appel s’adresse à chacun des acteurs ici présents, aux États : appuyez l’établissement d’un mécanisme international robuste de vérité et de qualification juridique des crimes, assorti de capacités d’enquête, de préservation des preuves et de coopération judiciaire. Aux organes des Nations Unies et aux organisations régionales : conjuguez vos efforts pour garantir la protection des civils aujourd’hui, la justice pour les victimes hier et des garanties crédibles de non-répétition demain », a-t-il exhorté.
Du 8 septembre au 3 octobre 2025, le Conseil examinera plus de soixante rapports présentés par le Secrétariat des Nations Unies, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, des experts et autres organes d’enquête sur la situation des droits humains dans plus de quarante pays.









