Face à la détresse persistante des réfugiés congolais ayant fui les violences armées dans l’Est de la République Démocratique du Congo, certaines Premières Dames de la région des Grands Lacs ont choisi de répondre par des actes concrets. À travers leurs visites successives dans les camps de réfugiés au Burundi, Denise Nyakeru Tshisekedi et Angeline Ndayishimiye incarnent une diplomatie humanitaire active, fondée sur la solidarité régionale et la responsabilité morale.
Dernière illustration en date : la visite de la Première Dame du Burundi, Angeline Ndayishimiye, au camp de réfugiés de Busuma, dans la province de Buhumuza. Accompagnée de son club sportif « Pas à pas, le Bien-être pour tous », elle est allée à la rencontre de plus de 65 000 réfugiés congolais, apportant à la fois un soutien matériel et un message d’espoir.
Riz, haricots, sucre, farine, bouillie, jus pour enfants : ces vivres distribués ont permis de soulager temporairement des familles entièrement dépendantes de l’aide humanitaire. Mais au-delà des sacs de nourriture, c’est une présence humaine et symbolique qui a marqué les esprits dans ce camp.
Avant toute remise officielle, la Première Dame Angeline Ndayishimiye a parcouru les allées du camp, écoutant les réfugiés, observant leurs conditions de vie et prenant la mesure des défis structurels : pénurie d’eau potable, insuffisance alimentaire, manque de médicaments et déficit criant de personnel spécialisé en santé mentale.
Refusant de limiter son action à une aide ponctuelle, la Première Dame du Burundi a annoncé des projets structurants, notamment le lancement imminent des forages de puits et un raccordement d’urgence à une conduite d’eau proche, afin de réduire les maladies hydriques. Des kits d’hygiène seront également distribués aux femmes et aux filles, tandis que des équipements sportifs ont été offerts aux jeunes, le sport étant présenté comme un outil de résilience et de reconstruction sociale.
« Nous reviendrons pour faire du sport avec vous » a-t-elle promis, soulignant que la dignité humaine ne se limite pas à la survie, mais inclut aussi l’épanouissement.
La Première Dame Angeline Ndayishimiye a rappelé les liens profonds entre le peuple Congolais et Burundais.
« Nous sommes venus avec un cœur plein d’amour et un message de solidarité. Personne ne devrait vivre à l’exil » a-t-elle déclaré.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de la visite effectuée, le 29 avril dernier, par la Première Dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi, au site de Musenyi, où sont installés 17 853 réfugiés congolais.
Accompagnée de son homologue burundaise, Denise Nyakeru y a apporté, via la Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi, avec l’appui du Fonarev, 612 tonnes de vivres et de produits essentiels. Un geste salué par les réfugiés eux-mêmes, qui y voient une reconnaissance de leur souffrance et un maintien du lien avec leur pays d’origine.
Ces actions conjointes traduisent une relation diplomatique apaisée et fraternelle entre la RDC et le Burundi, où la coopération ne se limite pas aux discours officiels, mais s’exprime sur le terrain, auprès de populations les plus vulnérables.
En agissant ainsi, Denise Nyakeru et Angeline Ndayishimiye envoient un signal clair : celui d’un leadership féminin régional qui refuse l’indifférence face aux drames humains. Leur engagement contraste avec le silence ou l’inaction observée ailleurs, interpellant implicitement d’autres acteurs et Premières Dames de la sous-région sur leur responsabilité morale face aux crises humanitaires.
John SHINDANO









