4 janvier 2026 – Le village de Bassa Gbeseli, situé à 12 kilomètres de Mobayi-Mbongo, dans la province du Nord-Ubangi, est aujourd’hui totalement désert de ses habitants.
Et pour cause, un drame survenu dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 janvier, ayant entraîné la mort d’un homme et l’incendie de plus de cent habitations.
D’après les témoignages recueillis sur place, la tragédie a éclaté lorsqu’un jeune homme, au cours d’une altercation familiale, a lancé un caillou en direction de sa mère. Malheureusement, celui-ci a atteint un passant, M. Ngbezwa Gédéon, âgé d’environ 50 ans, qui a succombé à ses blessures peu après son admission au centre de santé local.
Ce décès a provoqué une vive colère au sein de la communauté Ngbandi, à laquelle appartenait la victime. En représailles, certains membres de cette communauté auraient incendié les habitations des Ngbugbu, l’autre composante ethnique du village. Le bilan est lourd : plus de 100 maisons réduites en cendre et une population contrainte à fuir vers les villages voisins.
» Le village est désert. Seuls les proches du défunt sont restés pour organiser les funérailles. Aucune force de l’ordre n’est encore intervenue » a déclaré Olivier Toku, président du Conseil Territorial de la Jeunesse (CTJ) de Mobayi-Mbongo.
Malgré les alertes lancées dans la nuit, aucune intervention sécuritaire n’a été signalée. La tension demeure vive, et le risque d’escalade entre les deux communautés est réel.
» Toutes les maisons incendiées appartiennent aux Ngbugbu. La victime, elle, était Ngbandi » a précisé M. Toku, redoutant une aggravation du conflit intercommunautaire.
Face à cette situation critique, les autorités locales et nationales sont appelées à agir de toute urgence pour rétablir l’ordre, protéger les civils et engager un processus de médiation entre les deux communautés. Le silence des institutions face à cette crise humanitaire naissante pourrait avoir des conséquences dramatiques.
Caroline Ndoba.









