Face à la recrudescence du trafic illicite des grands singes dans la région forestière de Kisangani, les acteurs engagés dans la protection de la biodiversité haussent le ton. Un atelier de deux jours consacré à la lutte contre ce fléau environnemental s’est ouvert sous le patronage de la ministre provinciale de l’Environnement, Maître Bijoux Koy Taka, marquant une nouvelle étape dans la mobilisation collective pour la sauvegarde de ces espèces emblématiques.
Organisé par l’ONG « Action pour le droit de l’environnement et la restauration des écosystèmes » (ADRE), sous la facilitation du professeur Nicaise Amundala, cet atelier vise avant tout à stimuler une réflexion approfondie sur les stratégies à mettre en œuvre pour combattre efficacement le trafic illicite des grands singes dans la région de Kisangani. Les Chimpanzés et les bonobos, piliers de l’écosystème forestier, continuent de subir les effets dévastateurs du braconnage et du commerce illégal, souvent au mépris des lois en vigueur.
Les objectifs de ces assises sont multiples. Il s’agit notamment d’amener les différents acteurs impliqués — autorités, société civile, services techniques, médias — à prendre pleinement conscience de la gravité de la situation. L’atelier se veut également un cadre de plaidoyer auprès d’ autorités compétentes, afin que des mesures fermes soient prises pour interdire la capture des grands singes et renforcer l’application des textes légaux existants.
Par ailleurs, les participants travaillent à l’élaboration des stratégies concrètes de lutte contre le braconnage, adaptées aux réalités locales de la région forestière de Kisangani.
Un accent particulier est mis sur le rôle des médias. Les organisateurs ambitionnent de mettre sur pied un réseau de journalistes engagés, capables de sensibiliser durablement la population de Kisangani aux enjeux liés à la protection des grands singes et aux conséquences du trafic illicite sur l’environnement et les générations futures.
Dans son mot de bienvenue, Madame Bibiche Draso, coordinatrice de l’ONG ADRE, a rappelé l’importance capitale de la protection des grands singes, soulignant qu’ils constituent non seulement un patrimoine naturel inestimable, mais aussi un indicateur clé de la santé des écosystèmes forestiers de la Tshopo.
La province de la Tshopo attend, au terme de cet atelier, des résolutions fortes, réalistes et applicables.
C’est dans ce sens que la ministre provinciale de l’Environnement a invité les participants à des réflexions responsables, orientées vers l’action et les résultats concrets sur le terrain.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent élargir la sensibilisation à toutes les couches de la population, convaincus que la lutte contre le trafic illicite des grands singes ne peut être gagnée sans l’implication citoyenne et une volonté politique affirmée.
À Kisangani, la protection de la biodiversité s’impose désormais comme un impératif collectif.
François OKONDA









