Les tribunes de la Linafoot se meurent à petit feu, désertées par un public congolais qui a définitivement tourné son regard et sa passion vers l’Europe.
Alors que le championnat national de la République démocratique du Congo peine à attirer les foules et se bat régulièrement contre des crises financières et organisationnelles, les salons, terrasses et « nganda » de Kinshasa, de Lubumbashi et d’ailleurs ont vibré à l’unisson ce week-end.
L’explication ? Le tant attendu Clásico espagnol.
Le constat amer des stades vides.
Il est loin le temps où les derbys kinois ou les chocs de la Linafoot provoquaient des marées humaines aux abords du Stade des Martyrs ou du Stade Frédéric Kibassa Maliba.
Aujourd’hui, l’amateur de football congolais préfère le confort d’un écran géant ou la ferveur partagée d’un bar local pour consommer un spectacle standardisé et étoilé. Les billets du championnat local ne trouvent plus preneurs, illustrant une rupture profonde entre les supporters et des clubs locaux en perte d’attractivité face à la surmédiatisation des ligues européennes.
Le dernier Clásico : le coup de grâce
La soirée du dimanche 25 octobre 2026 en a été l’illustration parfaite. Au moment même où le football congolais cherche son second souffle, le pays s’est littéralement arrêté pour suivre le choc entre le FC Barcelone et le Real Madrid au Spotify Camp Nou.
Pendant 90 minutes, les rues de Kinshasa ont résonné aux exploits des stars mondiales. La défaite concédée par le Barça (1-2) face aux Merengues de José Mourinho, scellée par un doublé décisif de Kylian Mbappé, a alimenté les débats les plus passionnés de la nuit, éclipsant totalement l’actualité sportive du pays.
Une dépendance culturelle et sportive à double tranchant
Ce désamour pose une question de fond sur l’avenir du football en RDC. En fuyant les gradins locaux pour consommer par millions la Liga espagnole ou la Premier League, le public prive les clubs nationaux de recettes cruciales aux guichets.
Privés de ferveur populaire et de billetterie, les stades congolais se transforment en cathédrales vides.
Tant que le spectacle proposé localement ne pourra pas rivaliser en matière d’infrastructures, de stars et de régularité avec la magie européenne, les cœurs des Congolais battront au rythme de Madrid ou de Barcelone, laissant la Linafoot jouer sa survie dans une indifférence presque totale.









