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RDC : Le 15 novembre sonnera-t-il le glas des embarcations de la mort ? ( Analyse de RTNC.CD )

Face à l’accumulation des naufrages meurtriers sur le fleuve Congo et les lacs du pays, qui ont déjà fait au moins 98 morts depuis le début de l’année, le gouvernement tape du poing sur la table en bannissant les baleinières en bois.

Une mesure radicale qui se heurte au défi chronique de l’enclavement des provinces.

Une véritable « roulette russe ». C’est en ces termes que les usagers décrivent désormais le transport fluvial en République Démocratique du Congo. Pas plus tard que le week-end des 3 et 4 octobre, le pays a basculé, une fois de plus, dans le deuil. Une violente collision entre deux embarcations près de Lukolela (Équateur), suivie le lendemain d’un naufrage d’une barge au port de Nganda Musolo à Kinshasa, est venue s’ajouter à la sinistre liste des drames qui endeuillent régulièrement les familles congolaises.
Selon un décompte tragique, au moins 98 personnes ont perdu la vie et plus de 130 sont portées disparues dans les eaux congolaises depuis janvier.

La surcharge et l’anarchie en haute mer

À chaque drame, le scénario se répète avec une régularité révoltante. Les enquêtes et les témoignages des rescapés pointent invariablement du doigt les mêmes causes structurelles : une surcharge manifeste de passagers et de tonnes de marchandises, l’omniprésence de la navigation nocturne (pourtant formellement interdite) et l’absence totale de gilets de sauvetage à bord.

Ces « bus fluviaux », pour la plupart des baleinières en bois de fortune dépourvues de tout équipement de sécurité, naviguent bien souvent sans aucune liste de passagers fiable, rendant le décompte exact des victimes impossible lors des chavirages. Les agents de contrôle aux ports, censés réguler les départs, font face à des accusations récurrentes de négligence ou de corruption.

Le fleuve ou la mort : le piège de l’enclavement

Si les passagers continuent de monter à bord de ces embarcations de la mort, c’est avant tout par manque d’alternatives.

Pour les provinces de l’Équateur, du Kwilu ou du Kasaï, les voies navigables restent l’unique cordon ombilical pour acheminer les produits agricoles vers les grands centres de consommation et pour permettre le déplacement des populations.

« Voyager par les eaux n’est pas un choix, c’est une condamnation », déplorait récemment un membre de la société civile locale, rappelant que l’impraticabilité des axes routiers force les commerçants à prendre tous les risques.

Le gouvernement tape du poing sur la table : vers la fin des baleinières en bois ?

Devant l’indignation générale et la persistance des violations des règles de sécurité, le vice-Premier ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a annoncé une mesure historique : l’interdiction totale de navigation pour toutes les baleinières en bois sur le fleuve Congo, ses affluents et les lacs, à compter du 15 novembre. Aucun moratoire ne sera accordé aux armateurs.

Pour pallier ce retrait massif et éviter l’asphyxie économique des provinces, l’exécutif exige une transition rapide vers des péniches métalliques et promet l’acquisition par l’État d’une centaine d’unités de transport sécurisées.

La Force Navale et la Police nationale ont été réquisitionnées pour intercepter et saisir tout contrevenant au-delà de la date butoir.

Reste désormais la question cruciale de l’application effective de cette énième directive. Par le passé, les interdictions de naviguer la nuit ou l’obligation de porter des gilets de sauvetage sont restées lettre morte une fois l’émotion médiatique retombée.

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