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Spoliation de l’aérodrome de Kenge et gestion de la RVA : le cri d’alarme d’une citoyenne au Conseil d’administration

Où va l’argent des passagers congolais alors que le patrimoine aéroportuaire s’effondre ? Dans une lettre ouverte percutante adressée au Président du Conseil d’Administration (PCA) Tryphon Kin-Kiey Mulumba ainsi qu’aux membres du Conseil d’administration de la Régie des Voies Aériennes (RVA), Myriam Chouchouna Kibilu, une figure de la société civile du Kwango, exige des comptes sur la gestion financière de l’institution et dénonce l’abandon tragique des infrastructures de province.

Des millions de dollars collectés, mais où est la transparence ?

Chaque voyageur en République Démocratique du Congo contribue directement aux caisses de l’État : 55 dollars pour un vol international et 15 dollars pour un vol national. Censées garantir la sécurité et moderniser les infrastructures, ces redevances génèrent des millions de dollars chaque année.
Face à cette manne financière, la note soulève des questions cruciales :

  • Combien ces taxes ont-elles rapporté au cours des cinq dernières années ?
  • Quelle part de ces millions a réellement été injectée dans les aéroports des provinces ?
  • Où sont publiés les rapports financiers qui l’attestent ?

Le scandale de Kenge : une piste de décollage transformée en quartier résidentiel

Le cas de la province du Kwango est l’exemple le plus flagrant de cette crise de gouvernance.

Depuis environ cinq ans, le terrain de l’aérodrome de Kenge a été spolié et s’est transformé en quartier résidentiel.

« Des maisons ne se construisent pas en une nuit. Comment une institution chargée de gérer et de protéger le patrimoine aéroportuaire national a-t-elle pu laisser disparaître une piste entière sans réagir ? » s’interroge la signataire.

Pour l’opinion publique, l’alternative est simple mais accablante pour les dirigeants : soit la RVA savait et a laissé faire, soit elle l’ignorait, ce qui traduit une absence totale de contrôle sur le domaine public.

Dans les deux cas, la responsabilité managériale de l’entreprise est engagée.

L’avenir du nouvel aérodrome de Kingulu en question

Pour pallier cette perte, la province du Kwango a mis à disposition un nouveau terrain d’environ 3 kilomètres à Kingulu pour y bâtir un nouvel aérodrome.

Les attentes de la population sont désormais fermes et immédiates :

  • Publication d’un calendrier précis des travaux.
  • Clarification du mode de financement.
  • Mise en place d’un dispositif de sécurisation pour éviter que ce nouvel espace subisse le même sort que le précédent.

Au-delà de la politique : le devoir de rendre des comptes

La lettre ouverte rappelle qu’après le drame ayant coûté la vie à 17 personnes à Kenge, les simples condamnations sur les réseaux sociaux ne suffisent plus. Les Congolais n’attendent plus des excuses après les catastrophes, mais des pistes sécurisées et une gestion transparente.
En conclusion, ce plaidoyer citoyen rappelle un principe démocratique fondamental : aucune fidélité politique ne devrait dispenser un ministre ou un mandataire public de rendre des comptes devant la nation.

Le Conseil d’administration de la RVA est désormais face à ses responsabilités.

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