Quarante-deux ans après le dernier Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), la République démocratique du Congo engage un nouveau processus destiné à mieux connaître sa population et à disposer de données actualisées pour orienter ses politiques publiques et planifier son développement.
Le processus du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) a été officiellement lancé ce lundi 28 septembre 2026 par le ministre d’État chargé du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo.
Après la cérémonie officielle de lancement de la première étape de ce processus, consacrée à la cartographie censitaire, le ministre d’État Guylain Nyembo a expliqué les enjeux et la portée de cette opération au cours d’un briefing de presse coanimé avec son collègue de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya.
Guylain Nyembo appelle la population à participer activement
Prenant la parole, le ministre du Plan a exhorté toutes les personnes vivant sur le territoire congolais à participer au processus de recensement. Selon lui, la disponibilité de données fiables et actualisées permettra à l’État de mieux planifier les politiques publiques en tenant compte des réalités démographiques et des besoins des populations.
« Chaque habitant de la RDC doit savoir que c’est important pour lui de se faire connaître, parce qu’il a une spécificité. Il doit savoir que, pour que je sois mieux pris en charge, il faut que je sois recensé. Quand vous n’êtes pas recensé, vous faites manquer non seulement votre information, mais aussi celle de l’espace où vous vivez », a-t-il expliqué.
Guylain Nyembo a illustré l’importance du recensement à travers plusieurs secteurs, notamment la santé, l’éducation et les infrastructures routières.
« Imaginez aujourd’hui, au lieu de déclarer que vous avez dix enfants, vous dites : j’en ai trois. Cela veut dire que demain, si on doit prévoir la vaccination pour les enfants, il y en aura sept qui vont manquer. Les embouteillages que nous avons aujourd’hui à Kinshasa, il faut qu’on sache qui passe dans cet environnement pour voir quel type de routes construire. La même chose pour les écoles. Il faut maîtriser le nombre d’élèves pour savoir le nombre d’écoles qu’il faut et le nombre de bancs », a-t-il poursuivi.
Pour le ministre du Plan, le RGPH-2 doit ainsi contribuer à une meilleure prise de décision et à une meilleure prise en charge des besoins de la population.
« Il s’agit d’un projet important pour la République. Quarante-deux ans après, on en parle aujourd’hui. Le temps de réaliser le dénombrement exhaustif, l’année prochaine, nous serons déjà à 43 ans. C’est pour dire que c’est un projet attendu par notre pays. Le Président de la République, dès son premier mandat, l’avait déjà annoncé dans son discours comme une urgence », a-t-il souligné.
Un budget de 192 millions de dollars
Interrogé sur les garanties permettant d’assurer l’aboutissement de cette vaste opération, Guylain Nyembo a affirmé que toutes les précautions sont prises pour mener le processus à son terme.
Le budget arrêté par le gouvernement pour l’ensemble du processus est de 192 millions de dollars, a-t-il indiqué.
« Aujourd’hui, le budget arrêté est de 192 millions de dollars, qui est essentiellement consacré à la masse du personnel. Donc, 80 % de ce montant est dédié au personnel et aux équipements. Nous avons 155 000 agents déjà lancés. L’année prochaine, nous aurons au moins 130 735 agents. Nous avons des tablettes à acheter et d’autres équipements », a précisé le ministre.
Quatre grandes étapes
Guylain Nyembo a également détaillé les différentes étapes du RGPH-2. Le processus est structuré en quatre grandes phases.
La première, déjà achevée, a consisté en la mise en place des structures nécessaires à la conduite de l’opération.
La deuxième phase, officiellement lancée ce lundi 28 septembre, est consacrée à la cartographie censitaire.La troisième sera consacrée au dénombrement exhaustif de la population, tandis que la quatrième portera sur l’analyse, la publication et la dissémination des données recueillies.
« Aujourd’hui, nous sommes dans la phase préparatoire pour la grande opération de dénombrement exhaustif qui aura lieu dans la troisième phase, l’année prochaine. L’essentiel de la deuxième phase est constitué de la cartographie censitaire. L’idée ici est de répertorier tous les habitats et tout ce qui est immeuble habité et non habité. À partir de cette opération, il s’agit de repérer tous les ménages qui s’y trouvent et donc de collecter, de manière sommaire dans un premier temps, certaines informations, notamment le nombre de personnes dans un ménage et autres informations », a expliqué le ministre.
Kinshasa avant les 25 autres provinces
Pour l’heure, la cartographie censitaire est lancée dans la ville-province de Kinshasa. Elle devrait s’étendre, d’ici novembre prochain, aux 25 autres provinces de la République démocratique du Congo.
Le ministre du Plan a par ailleurs assuré que le processus couvrira l’ensemble du territoire national, y compris les zones affectées par l’occupation de certaines parties du pays par l’AFC/M23.
« Pour l’Est de la République, toutes les précautions sont prises. Nous travaillons sur les mêmes mécanismes qui ont conduit à l’organisation de l’examen d’État à l’Est. Nous prévoyons qu’au pire des cas, nous avons la technologie de dernier cri. Je vous ai dit que nous sommes accompagnés par les Nations unies qui valident l’opération », a-t-il rassuré.
Le dénombrement exhaustif prévu en juillet 2027
Concernant le calendrier, Guylain Nyembo a indiqué que la projection actuelle fixe au mois de juillet 2027 le lancement de l’opération de dénombrement exhaustif de la population. L’analyse des données collectées ainsi que leur publication sont, quant à elles, prévues pour la fin de l’année 2027.









