L’ancien gouverneur du Kasaï Oriental, député national et actuellement sénateur, Alphonse Ngoyi Kasanji, a soutenu avec brio, le lundi 7 septembre 2026, son mémoire de Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en Droits de l’homme à la Faculté de Droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN).

Intitulé « L’effectivité des droits à la santé et à l’éducation dans la perspective du développement des provinces et des entités territoriales décentralisées : cas de la province du Kasaï Oriental », ce travail de recherche porte sur la mise en œuvre effective de deux droits sociaux fondamentaux : le droit à la santé et le droit à l’éducation.
À travers une approche juridique axée sur la gouvernance publique et la décentralisation, Alphonse Ngoyi Kasanji analyse le cadre normatif et institutionnel applicable à la province du Kasaï Oriental. Son étude met en évidence le décalage qui persiste entre la reconnaissance juridique de ces droits et leur jouissance effective par les populations.
Le chercheur relève plusieurs facteurs structurels qui entravent cette effectivité, notamment l’insuffisance d’infrastructures sanitaires et éducatives, la faiblesse de mécanismes de financement public, les difficultés liées à la gouvernance territoriale ainsi que les insuffisances dans le contrôle et le suivi de l’exécution des politiques publiques dans les secteurs sociaux.
La décentralisation financière au cœur des recommandations
Dans son mémoire, Alphonse Ngoyi Kasanji établit également un lien étroit entre l’effectivité des droits sociaux et la performance des entités territoriales décentralisées (ETD).
Il insiste notamment sur la nécessité d’une meilleure application des dispositions relatives à la rétrocession et au financement des ETD, ainsi que sur le renforcement des investissements publics en faveur des secteurs sociaux de base.
Parmi les pistes proposées figurent également l’amélioration des mécanismes de redevabilité, le renforcement de la décentralisation financière et l’intégration d’une approche fondée sur les droits de l’homme dans la planification du développement provincial.
Le travail recommande, par ailleurs, une réflexion sur la révision des mécanismes constitutionnels de financement des provinces et des ETD, notamment autour de l’article 175 de la Constitution, afin de garantir une meilleure mobilisation et affectation des ressources destinées au développement.
Les Droits sociaux, un levier du développement
Pour Alphonse Ngoyi Kasanji, l’effectivité du droit à la santé et du droit à l’éducation ne constitue pas uniquement une obligation juridique découlant de la Constitution de la République Démocratique du Congo et des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Elle représente également, selon son analyse, un véritable levier stratégique pour le développement territorial, la réduction des inégalités sociales et la consolidation de l’État de droit.
L’apport juridique majeur de cette recherche réside ainsi dans la démonstration que la réalisation effective des droits à la santé et à l’éducation peut servir d’indicateur de la qualité de la gouvernance décentralisée et de la capacité des pouvoirs publics à promouvoir un développement humain durable.
À travers ce travail consacré au Kasaï Oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji apporte donc une contribution à la réflexion sur la décentralisation, la gouvernance publique et la protection des droits économiques et sociaux en République démocratique du Congo.
Jeef Tshiosha









