Publicité
AccueilA la UneRDC : le parquet militaire requiert 14 mois de prison contre la...

RDC : le parquet militaire requiert 14 mois de prison contre la chanteuse Rebo Tchulo

Le parquet militaire a requis, jeudi, une peine de quatorze (14) mois de servitude pénale principale contre la chanteuse congolaise Deborah Tshimpaka Mulanga, plus connue sous son nom d’artiste Rebo Tchulo, au cours de son réquisitoire devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema ce jeudi 6 août 2026.

Outre cette peine d’emprisonnement, le ministère public a demandé que la prévenue soit condamnée au paiement des frais d’instance, tels qu’ils seront fixés par le greffier. Il a également sollicité qu’en cas de non-paiement dans le délai légal de huit jours, une contrainte par corps de six mois soit appliquée.

« Pour la prévenue Tshimpaka Mulanga Deborah, alias Rebo Tchulo, la condamner à 14 mois de servitude pénale principale ; la condamner, en outre, au paiement des frais d’instance tels qu’ils seront taxés par le greffier ; fixer la contrainte par corps à six mois en cas de non-paiement dans le délai de huit jours », a requis le major magistrat Prudence Mbambi, substitut de l’auditeur militaire supérieur.

Une lourde peine également requise contre un officier de la Task Force
Au cours de la même audience, le parquet militaire a également requis quarante (40) mois de servitude pénale contre le sous-lieutenant Zababu Musafiri, membre de la Task Force et chef de la patrouille qui s’était rendue au domicile de Rebo Tchulo dans la nuit du 17 au 18 avril 2026, au moment des faits à l’origine de cette procédure judiciaire.
L’officier figure parmi les militaires poursuivis dans cette affaire, aux côtés de plusieurs autres éléments des FARDC.

La partie civile réclame 250.000 dollars américains
Intervenant à son tour, la partie civile, représentée par Platini Sadisa Kasaï et ses conseils, a demandé au tribunal de reconnaître la culpabilité de Rebo Tchulo pour incitation des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Estimant avoir subi un important préjudice, la partie civile réclame une indemnisation de 250.000 dollars américains à titre de dommages et intérêts.

« Nous demandons au tribunal de dire, de juger et d’établir, en fait comme en droit, la responsabilité de la prévenue Rebo et de la condamner au paiement d’une somme de 250.000 USD à titre de dommages et intérêts », ont plaidé les avocats de Platini Sadisa Kasaï.
La défense plaide l’acquittement
Les avocats de Rebo Tchulo ont, pour leur part, rejeté l’ensemble des accusations formulées contre leur cliente. Selon eux, le ministère public n’a apporté aucun élément de preuve permettant d’établir l’infraction d’incitation des militaires à poser des actes contraires à leurs devoirs ou à la discipline militaire.

La défense a également soutenu que cette infraction ne saurait être retenue contre une personne civile qui n’est ni militaire, ni assimilée à un militaire, ni employée du ministère de la Défense.

En conséquence, les conseils de la chanteuse ont demandé au tribunal de déclarer les faits non établis en droit comme en fait, d’acquitter leur cliente et de la renvoyer libre de toutes poursuites judiciaires.

Verdict attendu après la poursuite des plaidoiries

À l’issue des débats, le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema n’a pas encore vidé son délibéré. Le président de la composition, le capitaine Guy Kwesh, a renvoyé l’affaire au lundi 10 août à 10 heures afin de permettre la poursuite des plaidoiries et des conclusions des différentes parties.

« Le tribunal suspend cette affaire et la renvoie au lundi 10 août à 10 heures », a-t-il annoncé.

Pour rappel, Rebo Tchulo est poursuivie pour incitation présumée des militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des FARDC. Dans ce même dossier, treize militaires, dont quatre sont en fuite, comparaissent également devant la justice militaire pour répondre notamment des faits présumés de torture, d’extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires au préjudice de Platini Sadisa Kasaï.

L’audience du 10 août pourrait être décisive dans cette affaire très médiatisée, qui suscite un vif intérêt de l’opinion publique en raison de l’implication de la célèbre artiste congolaise et de plusieurs membres des forces armées.

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments