Les préposés aux archives d’entreprises étatiques et privées de la ville de Matadi et de Boma s’engagent à faire preuve de loyauté et de professionnalisme. Ils prennent aussi l’engagement d’être les véritables gardiens de la mémoire de leurs institutions. Ils ont prêté leurs serments samedi 4 juillet, dans la salle Victoria à Matadi, devant le conservateur en chef, Aimé Kasongo Mande, Directeur Général de l’Institut National des Archives du Congo (INACO).
Au total, vingt-sept professionnels des archives d’entreprises publiques et privées de Matadi et Boma ont prêté le serment sous le drapeau.
“Je jure de remplir fidèlement et loyalement les fonctions qui me sont confiées, de garder les secrets auxquels j’ai accès du fait de ma profession d’archiviste et d’observer scrupuleusement la législation archivistique de la République Démocratique du Congo” ont-ils déclaré.
Déjà en poste, ces archivistes délégués de la Radio télévision nationale congolaise, de l’Office congolais de controle, de la Régie de distribution d’eau(Régideso) et de plusieurs autres structures ont suivi une formation de perfectionnement sur la gestion technique des archives du 25 au 29 mai 2026, à Matadi.
Ces assermentés, dix-sept de Matadi et dix de Boma, décident de devenir les gardiens de la mémoire et de la preuve vive de la nation.
“Nous avons pris conscience que l’archive n’est pas une simple accumulation de vieux dossiers, mais le socle sur lequel repose notre histoire, la preuve tangible de nos actes d’administration et le miroir de notre gouvernance. Nous avons la charge de mettre de l’ordre là où règne le chaos et de garantir que, demain, l’information soit accessible et protégée”, ont affirmé ceux de Boma par la voix d’Alfred, de la Congolaise des voies maritimes.
Ceux de Matadi se sont identifiés à la déclaration d’Emilie Muanga, du Terminal des containers et manutention (Ticom SA).
“Être archiviste, c’est être au carrefour de l’histoire, du droit, de la transparence et de la modernité. Ainsi, nous sommes les gardiens de la mémoire, les garants des droits et les acteurs de la bonne gouvernance. En prêtant ce serment, nous nous engageons à respecter le secret professionnel et la confidentialité, l’intégrité et l’impartialité, ainsi que la responsabilité sociale. Le passé nous est confié, le présent nous sollicite et l’avenir dépend de la rigueur de notre gestion” ont-ils indiqué.
» Les archives revêtent une importance capitale car elles permettent de retracer les décisions importantes prises par l’administration et d’éclairer l’avenir. Malheureusement, dans plusieurs institutions de la province, elles sont négligées. “Une administration qui ne maîtrise pas ses archives s’expose à l’oubli de l’histoire, à la perte de ses droits, à l’insécurité juridique et aux difficultés de gouvernance. Une entreprise qui néglige ses archives compromet la protection de son patrimoine, la pérennité de ses activités et la crédibilité de sa gestion. À l’inverse, une administration qui organise ses archives assure une bonne gouvernance” a rappelé Aimé Kasongo Mande.
De son côté, le Directeur provincial de l’Inaco a rappelé les attributions de l’institution : Accompagner les institutions dans l’organisation de leurs archives, le classement, l’aménagement des dépôts d’archives, l’élimination encadrée… Il a invité les autorités, les chefs de services publics, les responsables des entreprises publiques et para-étatiques à s’approprier les dispositions légales régissant les archives en RDC, sous peine de sanctions.
“Cette législation n’est pas une contrainte, encore moins un acharnement. Elle est un outil de sécurisation des informations, une garantie de transparence et de justice, un pilier de la bonne gouvernance et de l’État de droit. Quiconque la viole s’expose à la rigueur de la loi” a prévenu Apollinaire Kabanda Ndoluvualu.
Des attestations de formation et des cartes d’archiviste ont été remises aux préposés aux archives.
“Le serment que vous venez de prononcer doit désormais guider chacun de vos actes professionnels. Soyez dignes de la confiance placée en vous. Faites rayonner les valeurs, les compétences, l’intégrité, la loyauté, la discrétion et le professionnalisme partout où vous serez appelés à servir. Ensemble, nous écrivons une nouvelle page de l’histoire archivistique de la province » a conclu le ministre provincial de la Culture et arts.









