Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a procédé ce lundi 6 juillet 2026 au lancement de la troisième édition de la Conférence des présidents des Assemblées provinciales de la RDC (COPAP), organisée à l’hémicycle de l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
Dans son allocution d’ouverture, le président de la COPAP, Papy Mantezolo, a présenté les principaux axes de réflexion qui seront au cœur de ces assises de quatre jours. Au premier rang des préoccupations figure la question des réformes constitutionnelles et leur impact sur le fonctionnement des institutions provinciales.
« Nous formulerons des recommandations et des suggestions concrètes afin de redéfinir la place des Assemblées provinciales et de renforcer leurs compétences dans la nouvelle architecture institutionnelle. Il s’agira également de concevoir des mécanismes appropriés susceptibles de promouvoir la stabilité politique des institutions provinciales et d’harmoniser durablement leurs rapports avec le pouvoir central », a-t-il déclaré.
Le deuxième grand thème des travaux porte sur l’accompagnement de la vulgarisation de la loi relative au référendum populaire consultatif récemment adoptée par le Parlement.
« En tant qu’élus proches du peuple, nous devons préparer l’opinion publique à s’approprier cet outil de souveraineté démocratique portant sur toute question d’intérêt national. Nous ouvrirons également le débat sur la présence légitime des Assemblées provinciales au sein des conseils de sécurité provinciaux et locaux, ainsi que sur le renforcement de notre rôle dans le contrôle et le suivi des investissements publics réalisés par le pouvoir central dans nos provinces », a souligné Papy Mantezolo.
À l’issue de ces travaux, les présidents des Assemblées provinciales entendent également adopter le cahier des charges social de la COPAP.
« Nous finaliserons un cadre revendicatif clair pour l’amélioration des conditions sociales et de travail des 780 députés provinciaux du pays. Nombre d’entre eux souffrent de retards chroniques de paiement, d’arriérés de rémunération et n’ont jamais perçu leurs frais d’installation », a-t-il martelé.
Prenant la parole pour lancer officiellement les travaux, Jean-Michel Sama Lukonde a indiqué que ces assises visent à permettre aux provinces de mieux relever les défis liés à la gouvernance locale, à la stabilité institutionnelle et à la mobilisation efficace des ressources financières.
Selon lui, les débats seront structurés autour de quatre chantiers prioritaires : dresser un état des lieux sans complaisance de la gouvernance dans les 26 provinces, proposer des mécanismes efficaces de prévention et de résolution des crises institutionnelles, harmoniser les actions afin de mieux défendre les intérêts des provinces au niveau national, et renforcer les capacités des élus provinciaux pour une gouvernance de proximité davantage orientée vers les préoccupations de la population.
« Je formule le vœu que ces assises débouchent sur des résolutions fortes, des recommandations applicables et un engagement ferme à faire de la décentralisation une réalité vécue par tous. Quant à moi, président du Sénat, je vous rassure que le Sénat, émanation des provinces, se tiendra toujours à vos côtés pour accompagner la mise en œuvre des résolutions qui seront adoptées et assurer leur suivi auprès du Gouvernement », a déclaré le président du Sénat.
Plusieurs panels sont prévus au cours de cette rencontre. Selon le programme, Jean-Michel Sama Lukonde animera une réflexion sur la nécessité d’intégrer, dans la prochaine réforme constitutionnelle, un cadre institutionnel permanent de consultation entre le Sénat et les Assemblées provinciales.
Le président de l’Assemblée nationale interviendra quant à lui sur la place des Assemblées provinciales et les modalités de collaboration interinstitutionnelle avec la Chambre basse du Parlement, notamment l’instauration d’un avis consultatif préalable à l’examen et au vote des textes législatifs touchant à la décentralisation.
Aux côtés de ces personnalités, plusieurs professeurs d’université et experts défileront à la tribune pour aborder diverses thématiques, notamment le rôle des Assemblées provinciales dans le contrôle et le suivi des investissements publics du pouvoir central, les mécanismes de stabilité politique des institutions provinciales dans le respect du principe de libre administration des provinces, ainsi que les perspectives de réformes constitutionnelles.
La Conférence des présidents des Assemblées provinciales constitue un cadre permanent de concertation, de dialogue institutionnel et de partage d’expériences entre les 26 Assemblées provinciales du pays.
Elle œuvre pour le renforcement de la gouvernance provinciale, la cohésion institutionnelle, la stabilité des provinces et leur développement harmonieux.
Sa mission est de faire des Assemblées provinciales de véritables piliers de la démocratie locale, capables d’exercer efficacement leurs prérogatives législatives, budgétaires et de contrôle de l’action des exécutifs provinciaux.









