La suspension du directeur général de la Direction Générale des Recettes de la Province de la Tshuapa (DGRPT), José Likonga, provoque une crise ouverte entre le gouverneur et le vice-gouverneur. L’Assemblée provinciale vient de trancher ce jeudi 4 juin à l’issue de la réunion du bureau permanent.
Tout est parti de la décision du vice-gouverneur, Albert Bokongo, assumant l’intérim en l’absence du gouverneur en mission hors province. Dans un arrêté daté du 1er juin, il a suspendu José Likonga de ses fonctions de DG de la DGRPT, évoquant des « raisons de gestion ».
Quelques heures plus tard, depuis l’extérieur de la province, le gouverneur réagit par un message officiel annulant la décision de l’intérimaire. Il dénonce une « mesure prise sans concertation » et réhabilite le DG suspendu.
Conséquence, Une régie financière paralysée par la guerre des camps
Résultat : deux camps s’affrontent désormais au sein de la régie financière provinciale. Une partie du personnel reconnaît l’autorité du vice-gouverneur et applique la suspension. Une autre se range derrière le message du gouverneur et maintient José Likonga à son poste.
Les deux camps érigent des barrières et cadencent même les installations de la régie car impayés depuis 6 mois.
Cette cacophonie administrative paralyse la DGRPT, pourtant poumon financier de la province. Plusieurs sources internes évoquent un ralentissement des opérations de recouvrement depuis le début de la crise.
L’Assemblée provinciale tranche en faveur du vice-gouverneur
Saisie de la question, l’Assemblée provinciale de la Tshuapa a statué ce mercredi. Dans sa résolution, l’organe délibérant valide la décision du vice-gouverneur et ordonne le maintien de la suspension de José Likonga.
C’est le rapporteur Ghislain Ngayo qui a annoncé la position de l’organe délibérant.
»Nous avons estimé que le vice-gouverneur en tant qu’autorité assurant l’intérim, a agi en connaissance de causes et dans les limites de ses prérogatives , nous donnons injonction au gouverneur de regagner Boende » a-t-il déclaré.
Plus loin, l’Assemblée provinciale enjoint au gouverneur de regagner la province « dans les plus brefs délais » pour régler sur place ce conflit institutionnel.
« On ne dirige pas une province par messages interposés. La situation de la DGRPT exige la présence physique du chef de l’exécutif pour éviter l’implosion » a lâché le rapporteur Ghislain Ngayo
Du côté du gouvernorat, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée après la résolution de l’Assemblée. Le cabinet du gouverneur se limite à indiquer que « le chef de l’exécutif prendra ses responsabilités au moment opportun ».
En attendant, la DGRPT tourne au ralenti. Et c’est le trésor public provincial qui risque d’en payer le prix.
Tshuapa, Delphin Ebwa









