African Widlife Fondation (AWF) avec le soutien du Département Américain en partenariat avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature a organisé du 27 au 31 Mai à Boende une formation sur la sécurisation des scènes de crime faunique, dans le cadre de la lutte contre la criminalité faunique .
Plusieurs allocutions et témoignages ont ponctué cette formation.
De prime abord,le Ministre Provincial de l’environnement Alfred Lifese qui a décliné l’objectif de la formation.
» Il s’agit de combler le fossé entre l’infraction constatée sur le terrain et la condamnation des auteurs de crimes » a-t-il précisé.
Le senior legal office AWF formateur, maître Joël kassongo est revenu sur la cause des échecs d’enquêtes.
» Dans la criminalité faunique , tout commence sur le terrain , trop souvent, des enquêtes échouent non, par faute d’infractions, mais parce que les éléments collectés ne répondent pas aux exigences judiciaires » a-t-il dit.
Et d’ajouter
»Jusqu’ici, les écogardes intervenaient, mais le dossier s’effondrait , faute de preuves exploitables avec comme corollaires, les auteurs libres, les communautés frustrées, la forêt fragilisée. Aujourd’hui, la donne change, avec des kits de gestion de scènes de crime et une formation juridique rigoureuse. Les écogardes apprennent à sécuriser une scène d’infractions dès les premieres minutes, à collecter et conserver des indices dans le respect des normes judiciaires, à documenter chaque élément pour qu’il termine au tribunal » a-t-il renchéri.
D’après les formateurs, ce basculement est stratégique en RDC comme dans de nombreux pays confrontés à la criminalité faunique. L’un des defis majeurs reste l’impunité et cette impunité se construit dès les premières minutes sur les lieux de crime, pas dans les tribunaux. D’où la nécessité de l’intégrité dans un contexte de corruption.
»J’ai retenu que l’intégrité est le fondement de toute enquête crédible, sans éthique, même les meilleures preuves perdent leurs valeurs » a témoigné Lomanga Frédérick, écogarde de la réserve de la faune de Lomako yokokala.
Et de renchérir
» Cette formation pour nous, n’est pas qu’une affaire technique, c’est aussi une question de justice. Quand un braconnier est relâché, faute de preuves, c’est toute la communauté riveraine des Aires protégées qui paye la perte des ressources naturelles notamment des espèces endémiques telles que bonobo, okapi, paon congolais etc, mais aussi, insécurité, effritement de confiance dans les institutions ».
L’homme le plus heureux, c’est le Directeur responsable de la criminalité faunique à l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, Lucien Gédéon Lokumu.
» Les écogardes repartent avec plus de compétences techniques de gestion de scènes de crime. Ils repartent avec une nouvelle responsabilité, celle d’établir le lien entre la forêt et le tribunal, entre l’infraction et la sanction, entre la conservation et la justice » a-t-il déclaré.
La formation a été sanctionnée par la remise des brevets aux écogardes .
Tshuapa, Delphin Ebwa









