La Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 a totalisé, ce mercredi 18 février 2026, vingt ans d’existence jour pour jour. À cette occasion, l’Institut pour la Démocratie, la Gouvernance, la Paix et le Développement en Afrique (IDGPA), en partenariat avec la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a organisé un colloque scientifique au Palais du Peuple, à Kinshasa.
Directeur exécutif de l’IDGPA, le professeur André Mbata a présenté une communication intitulée :
« Le peuple et la Constitution du 18 février 2006 : eschatologie ; fin ou migration du pèlerinage constitutionnel en République démocratique du Congo ? »
Selon lui, aucune Constitution n’est jam éternelle : « Si les hommes, qui sont la base des Constitutions, sont eux-mêmes imparfaits et mortels, comment une Constitution peut-elle être parfaite et immortelle ? ».
Pour le professeur Mbata, il revient exclusivement au peuple congolais de décider de l’opportunité ou non de réviser ou de changer la Constitution. Cette prérogative, insiste-t-il, ne saurait appartenir aux états-majors politiques ni aux analystes des réseaux sociaux.
« Il faut dédramatiser le débat. Il n’y a pas de Constitution éternelle. Mais c’est au peuple de décider : s’agit-il d’une révision ou d’un changement ? La réponse ne viendra ni des communicateurs des réseaux sociaux, ni des regroupements politiques, ni des chefs spirituels qui se muent en constitutionnalistes. Elle viendra du peuple congolais », a-t-il déclaré.
Plusieurs universitaires ont pris part à ce colloque. Le doyen de la Faculté de droit, le professeur Vincent Kangulumba, est intervenu sur les enjeux juridiques liés à l’évolution constitutionnelle.
Le constitutionnaliste Evariste Boshab, en déplacement à l’étranger, a participé par visioconférence autour du thème :
« Faut-il modifier ou changer la Constitution du 18 février 2006 ? »
Le professeur Jacques Djoli a analysé l’architecture politico-administrative issue du constituant de 2006, estimant que l’hybridation institutionnelle instaurée n’a pas pleinement fonctionné en vingt ans.
De son côté, le professeur Paul-Gaspard Ngondankoy a proposé l’élaboration d’une loi encadrant le référendum constitutionnel.
Le sociologue Emile Bongeli a livré une analyse sociopolitique, qualifiant la RDC d’« État sorcier » ayant contraint la population à développer des stratégies de survie adaptées.
Dans son rapport général, le professeur Mandefu a souligné que la tendance dominante issue des travaux considère qu’un éventuel changement constitutionnel ne constituerait pas une menace, mais plutôt une opportunité de renforcer la démocratie et la souveraineté nationale.









