La République Démocratique du Congo rend hommage ce dimanche 4 janvier 2025 aux victimes des émeutes du 4 janvier 1959, un soulèvement populaire contre l’administration coloniale belge, devenu un symbole fort de la lutte pour l’indépendance. Cette journée est désormais consacrée à la mémoire des martyrs de l’indépendance.
Tout a commencé à Léopoldville, l’actuelle Kinshasa, lorsque les autorités belges ont interdit un rassemblement prévu par l’Alliance des Bakongo (ABAKO), parti nationaliste dirigé par Joseph Kasa-Vubu. Ce meeting devait permettre aux leaders congolais de partager les conclusions du congrès panafricain d’Accra, qui appelait à l’émancipation des peuples africains.
Malgré l’interdiction, une foule nombreuse s’est réunie sur la place YMCA. Selon le témoignage d’Alfred Yongolo, militant de l’ABAKO, Kasa-Vubu aurait alors déclaré :
« Le meeting n’aura pas lieu, mais gardez foi en l’indépendance ».
Une phrase qui aurait galvanisé les manifestants. Le slogan
« Vive l’indépendance ! »
s’est rapidement propagé, marquant le début d’un soulèvement spontané.
Pendant trois jours, la ville a été le théâtre de violents affrontements. Des bâtiments de commerce ont été incendiés, des véhicules détruits, et des stations-service attaquées. Le bilan officiel fait état de 49 morts, mais l’ABAKO avance le chiffre de plusieurs centaines de victimes. L’historien Léon de Saint-Moulin estime que le nombre réel pourrait se situer entre 100 et 300 morts.
Un autre facteur aurait contribué à l’escalade des tensions , la défaite, ce même jour, du club congolais AS Vita Club face à Mikado, une équipe affiliée à la compagnie belge Sabena. Des supporters frustrés auraient rejoint les manifestants, accentuant le chaos.
« Personne ne s’attendait à une telle déflagration » confiait le journaliste
Mwissa Camus, évoquant un mouvement populaire inattendu dans un contexte jusque-là strictement contrôlé par l’administration coloniale.
Pour de nombreux analystes, ces événements ont marqué un tournant irréversible.
« Le pouvoir colonial a dû reconnaître que l’aspiration à l’autodétermination était profonde et largement partagée » souligne Léon de Saint-Moulin.
Moins de deux ans plus tard, le 30 juin 1960, le Congo accédait à l’indépendance. Aujourd’hui, la nation se souvient de celles et ceux qui ont payé de leur vie le prix de la liberté. Des cérémonies officielles ont lieu à travers le pays, en hommage à ces héros anonymes qui ont ouvert la voie à la souveraineté nationale.









