Historique

Origine de la radio en République Démocratique du Congo

L’histoire de la radio en République Démocratique du Congo est marquée par les grandes périodes historiques qu’a traversés la politique de la République Démocratique du Congo notamment :

  • La période coloniale
  • La première république
  • De la deuxième république jusqu’à nos jours

Période coloniale

Tout a commencé par la création en janvier 1937 à Léopoldville de la radio appartenant aux pères Jésuites appelé Radio Leo. Composée de toute une équipe de Collaborateurs généraux qui se trouvaient autour du micro et des appareils, cette première station disposait d’une puissance de 23 watts et émettait à une longueur d’onde de 4 mètres. Cette radio avait pour siège le collège Albert dirigé par les jésuites et qui est actuellement dénommé collège BOBOTO de Kinshasa. Elle diffusait les programmes culturels et des émissions de divertissement pour les élevés intellectuels.

En 1939 un technicien belge propriétaire d’un magasin des matériels électriques et des disques à Léopoldville nommé Jean Hurde Bise implantât une radio nommée Congolia qui émettait dans les 4 langues nationales.

À part ces stations privées et conventionnées, trois stations officielles ont fonctionné en République Démocratique du Congo :

  • Radio Congo Belge (RCB) créée en 1940 par le gouvernement général : Cette radio fut la première radio officielle de la République Démocratique du Congo et eut comme finalité reprendre les rôles des radios belges de Bruxelles réduite au silence suite à la guerre contre les allemands.

 

Destinée uniquement aux européens, elle utilisait deux langues notamment le français et le portugais et avait pour missions :

  • Apporter les nouvelles du front aux belges de la Belgique
  • Soutenir le courage des belges
  • Apporter des nouvelles aux belges du Congo
  • Faire la propagande pour la Belgique et sa colonie

 

  • Radio National Belge (RNB) section Léopoldville : créée par le gouvernement Belge en exil, elle fut établie à Londres en 1942
  • Radio Congo Belge pour les Africains (RCBA), une section destinée exclusivement à la population autochtone qui avait comme mission de mettre en exergue les bienfaits de la colonisation.

Quand la seconde guerre mondiale éclata les deux stations privées mirent leurs installations à la disposition des autorités à ce temps colonial. « Congolia » inaugura des émissions pour les autochtones à ce temps-là. Ses programmes furent destinés aux soldats de la force publique partis au front.

Malgré le caractère modeste des initiatives des Congolais, il est indéniable que cette station fut le précurseur de la Radio Congo Belge pour les africains et même de l’actuelle Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC).

En 1940, pour des raisons de sécurité nationale, le gouvernement général du Congo Belge réquisitionna ex « Radio Léo » qui devint un instrument fort efficace pour mobiliser l’opinion publique dans la colonie en faveur des forces alliées. Ce qui donna à la radio Leo la tâche de donner aussi des renseignements aux ressortissants belges sur la situation de la guerre. À cette époque, la Radio-Léo changea de nomination, elle fut baptisée par le gouverneur colonial « LA VOIX DE LA CONCORDE ». Elle fut animée par les fonctionnaires de la Radio Nationale Belge (RNB).

Le 31 Janvier 1949, la Voix de la Concorde changea encore d’appellation. Elle fut appelée « RADIO DU CONGO BELGE ». Son équipement technique était enrichi d’un émetteur à ondes courtes de 500 KW. Les émissions du Congo Belge étaient conçues et destinées essentiellement aux ressortissants Belges au Congo.

  1.  Radio Nationale Belge (RNB)

Le gouvernement Belge créa la station « Radio Nationale Belge » en remplacement des émetteurs nationaux tombés aux mains des Allemands lors de l’occupation. Les installations techniques de la Radio Nationale Belge furent établies à Léopoldville l’actuelle Kinshasa en 1943.

C’est suite à la décision du gouvernement Belge de transférer dans sa colonie ses services de Radiodiffusion pour soutenir la morale des Belges et servir de propagande « Anti Nazi » qu’est née la Radiodiffusion Nationale Belge.

Cette date marque aussi la démobilisation de la Radio Léo qui est remise à ses propriétaires dont la direction se trouvait à Londres ou le gouvernement Belge s’était réfugié.

Après la guerre, des nouvelles stations privées furent lancées au Katanga parmi lesquelles :

  • Radio Élisabethville
  • Radio Collèges
  • Radio Ufac

a. Radio Élisabethville

L’introduction de la Radiodiffusion dans la province du Katanga remonte au 14 Avril 1955, date à laquelle eut lieu l’inauguration officielle de la station provinciale installée à Élisabethville (Lubumbashi).

b. Radio Collège

La « radio Collège » créée par les missionnaires à l’initiative du Collège des pères salésiens, avec la bénédiction de l’autorité coloniale, se fixa comme objectif : l’Évangélisation de la population noire. Par la variété de ses programmes elle n’a pas tardé de gagner une importante partie de l’auditoire Katangaise.

c. Radio UFAC

Les émissions de cette radio étaient financées par les entreprises industrielles et les anciens combattants Belges du Katanga. Le studio diffusait surtout de la musique légère Européenne et des programmes de cabaret au profit de la jeunesse.

Vu la rareté des postes récepteurs dans les milieux indigènes, les différents quartiers résidentiels suivaient les émissions grâce aux « haut-parleurs publics » installés dans les coins les plus facilement accessibles des cités noires.

Entre les années 1957 et 1958, une chaîne de Radio extra-gouvernementale dont la puissance totale de son émetteur était de 3 KW ; appelée « Radio Mwana Shaba » ; une œuvre de l’Union Minière du haut Katanga, placée sous la responsabilité de Monsieur THIANGE, Directeur et Rédacteur, Monsieur PORTE l’unique congolais recruté par la chaîne et Monsieur NGOIE Léonard ; sera créée et aura comme vocation la vulgarisation des activités industrielles et Commerciales entrecoupées par quelques bulletins d’information en français et en swahili.

La première république (1960-1965)

Après l’accession de la République Démocratique du Congo à l’Indépendance (le jeudi 30 Juin 1960), la « Radio du Congo Belge » (RCB) devint la « Radiodiffusion Nationale Congolaise (RNC en sigle) mais rien n’avait pratiquement changé, si ce n’est l’appellation.

Les stations privées continuèrent leurs émissions pendant plusieurs années en s’adressant plus particulièrement aux expatriés. Leurs objectifs se limitaient essentiellement à émettre des programmes conformes aux préférences culturelles et récréatives de la population Blanche. C’est en 1967 que les émetteurs privés furent supprimés par ordre du gouvernement (Conseil Exécutif).

En 1963, la Radiodiffusion Nationale Congolaise (RNC) fut dotée d’un émetteur ondes courtes de 100 KW. Le 15 juillet 1963, une initiative des pères de Scheut aboutit à la création d’un Service Technique de Radiodiffusion (STAR).

N.B. : La Radio sous la première République n’a pas connu un grand essor du fait de la situation chaotique qui a caractérisé le pays au lendemain de l’Indépendance. Il a fallu attendre la deuxième République (1965) pour voir la Radio nationale subir un accroissement en vue de participer au développement du pays par l’information, la formation, l’éducation et l’encadrement de la population.

De la deuxième République à nos jours

En 1965, avec l’arrivée au pouvoir du Général Joseph-Désiré MOBUTU la radiodiffusion va présenter un visage rénové : la radiodiffusion, l’une des causes de l’anarchie, va être disciplinée et sérieusement prise en main par le gouvernement. Et tout comme elle serait jadis à la division, la Radiodiffusion va servir à la cohésion et à l’unification.

Du point de vue infrastructure, la République Démocratique du Congo fut dotée en 1966 d’une station de Télévision et acquiert vers la même époque un émetteur de 600 KW qui fait de la Radiodiffusion Nationale Congolaise qui se trouve à Kinshasa, l’une des stations de Radiodiffusion la plus puissante de l’Afrique noire.

Alors que les travaux de la télévision nationale furent initiés par Moise Tshombe en 1964, la télévision fut opérationnelle 2 ans plus tard précisément le 23 novembre 1966. Cette nouveauté amenant en 1967 la RNC a changé à la Radiodiffusion et Télévision nationale congolaise.

Le 1er Mars 1969, le STAR devient TELESTAR : première station privée de Télévision. L’objectif initial était de développer un centre de production au service de la Radiodiffusion Nationale ayant pour but de produire des émissions culturelles conçues et réalisées par des experts nationaux à l’intention de la population congolaise à l’époque du Zaïre.

À l’époque de la République du Zaïre précisément en 1981, la radio nationale congolaise prit le nom de l’Office Zaïrois de Radiodiffusion et de Télévision (OZRT) par l’ordonnance présidentielle numéro 81-050 du 02 avril 1981.L’ordonnance présidentielle du 02 Avril 1981 créée par l’Office Zaïroise de Radiodiffusion et de Télévision OZRT en sigle qui est l’actuel Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC).

Cette ordonnance présidentielle :

  • Précise la nature juridique de la RTNC ;
  • Détermine son objet et son patrimoine ;
  • Fixe ses structures et son fonctionnement ;
  • Détermine la tutelle sous lesquelles est placée la RTNC.

 

À l’époque du Zaïre, celle-ci fut composée de deux entités à savoir:

  • La Radiodiffusion Nationale connue sous la dénomination de « la Voix du Zaïre » ;
  • La Télévision Nationale mieux connu sous le nom de « TELE-ZAÏRE ».

Avec l’arrivée au pouvoir de Laurent Désiré KABILA en 1997, elle reprend le nom de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), bien qu’on continue généralement à l’attribuer du surnom de « LA VOIX DU PEUPLE ».

En 1999 la RTNC2 fut créée et est jusqu’à présent une chaîne publique provinciale.

La RTNC opère avec deux chaînes de Télévision à savoir la RTNC1 (chaîne générale à couverture nationale) et la RTNC 2 (Chaîne publique commerciale provinciale et de divertissement à Kinshasa).

Il est mieux de noter que la RTNC couvre presque tout le Territoire Congolais et est représentée par des stations dirigées chacune par un directeur provincial. Il y’a dix stations provinciales de la RTNC :

  • Station provinciale du Bas-Congo à Matadi ;
  • Station provinciale du Bandundu à Bandundu ;
  • Station provinciale de l’Équateur à Mbandaka ;
  • Station provinciale du Kasaï-Occidental à Kananga ;
  • Station provinciale du Katanga à Lubumbashi ;
  • Station provinciale du Kasaï-Oriental à Mbuji-Mayi ;
  • Station provinciale de la province orientale à Kisangani ;
  • Station provinciale du Sud-Kivu à Bukavu ;
  • Station provinciale du Nord-Kivu à Goma ;
  • Station provinciale de Kinshasa (dite RTNC2).

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